Chronologie de 1825 à 2014

Cette chronologie est extraite du catalogue de Natalia Semenova « « Les collections de Mikhaïl et Ivan Morozov »

1825 – Le serf affranchi Savva Vassiliévitch Morozov Premier (1770-1860), fondateur des fabriques textiles de Bogorodosk, Tver et Moscou devient propriétaire à Moscou où il s’installe avec sa famille rue Nikolo-Iamskaïa.

1840-1850 – 4 des fils de Savva Morozov Premier entrent dans les affaires. Ielisseï Savvitch (1798-1868) ouvre sa propre fabrique qui deviendra la Manufacture d’Oriékhovo-Zouïevskaïa. Zakhar Savvitch fonde la « Compagnie des Manufactures Bogorodsko-Gloukhodskoï » aidé par son frère Abram Savvitch (1806-1856). Timofeï Savvitch prend la direction de la « Maison commerciale Savva Morozov et fils« . Les statuts de la Manufacture de Tver sont approuvés en 1859.

Les représentants de 4 branches de la famille Morozov.

Abram Abramovitch (à gauche), Timofeï Savvitch, Ivan Zakharovitch et Vikoul Iéliseïevitch.

1867 – Abram Abramovitch Morozov épouse Varvara Alexeïevna Khloudova (1848-1917), la fille de l’industriel Alexeï Ivanovitch Khoudlov (1818-1882)

Abram Abramovitch Morozov (1839-1882)

Varvara Alexeievna Khloudova (1848-1917)

1870, 7 août (selon l’ancien calendrier Julien) – Naissance de Mikhaïl Abramovitch Morozov (1870-1903), fils d’Abram Abramovitch Morozov et de son épouse Varvara.

 1871, 27 novembre (selon l’ancien calendrier Julien) – Naissance d’Ivan Abramovitch Morozov (1871-1921), second fils d’Abram Abramovitch Morozov et de son épouse Varvara.

 1873, 13 février (selon l’ancien calendrier Julien) – Naissance d’Arsenï Abramovitch Morozov (1873-1908), troisième fils d’Abram Abramovitch Morozov et de son épouse Varvara.

Mikhaïl Abramovitch Morozov (1870-1903)

Ivan Abramovitch Morozov (1871-1921)

Arsenï Abramovitch Morozov (1873-1908)

1872 – Suite à un nouveau partage de la succession de Savva Premier, les Filatures de Coton de Tver reviennent à Abram Abramovitch et David Abramovitch, fils d’Abram Savvitch Morozov. Les 2 frères fondent la « Société des Manufactures de Tver » dont Abram Abramovitch  prend la direction. Son oncle, Timofeï Savvitch, se consacre alors à la gestion de la « Société de la Manufacture Nikolskaïa« .

1882, 25 février (selon l’ancien calendrier Julien) – Abram Abramovitch décède à l’âge de 43 ans des suites d’une longue maladie. Sa veuve, Varvara Alexeïevna prend alors la direction des Manufactures de Tver. Elle fait la connaissance du Professeur Vassili Mikhaïlovitch Sobolievski (1846-1913) qui devient rapidement son compagnon.

Vassili Mikhaïlovitch Sobolievski (1846-1913)

Varvara Alexeievna Morozova (1848-1917)

1885 – Varvara Alexeievna Morozova achète le domaine des Princes Dolgorouki, rue Vozdvijenka et commande à l’architecte Roman Klein le projet d’un Hôtel Particulier de style néo-classique. De sa relation avec Vassili Sobolievski naîtront 2 enfants : un fils, Gleb (1886-post 1925) et une fille, Natalia (1887-1971). Gleb et Natalia porteront le nom des Morozov mais seront toujours considérés comme des bâtards, car nés hors mariage religieux. En effet, le testament d’Abram Abramovitch Morozov stipulait que sa veuve, Varvara, serait privée de son héritage et de sa fortune si elle se remariait. Varvara Alexeievna et Vassili Mikhaïlovitch n’ont ainsi jamais pu contracter une union légale.

– C’est à cette époque que les frères Mikhaïl et Ivan Abramovitch Morozov vont étudier la peinture dans l’atelier de Nikolaï Martynov, puis avec l’élève en peinture, Constantin Korovine et le paysagiste Iégor Khrouslov.

1887 – Ouverture à Moscou, sur le champs Diévitchié de la Clinique Psychiatrique A.A Morozov, pour laquelle sa veuve, Varvara Alexeïevna, a fait une donation de 150 000 roubles. Aujourd’hui la Clinique Psychiatrique porte le nom de S.S Korsakov, qui a soigné Abram Abramovitch Morozov et est le fondateur de l’École Moscovite de Psychiatrie.

1888 – Mikhaïl Abramovitch Morozov termine le lycée et entre à la Faculté Historico-Philologique de l’Université de Moscou.

– Varvara Alexeïevna et sa famille déménagent du péréoulok Dourny et s’installent dans leur nouvel Hôtel Particulier du 14 rue Vozdvijenka, de l’autre coté de la Moscova.

Hôtel Particulier de Varvara Alexeievna Morozova, 14 rue Vozdvijenka.

1890, été – Mikhaïl Abramovitch Morozov et son frère Ivan vont passer l’été 1890 à voyager à travers la Russie ( Moscou, Kazan, Odessa) avec le peintre paysagiste Iégor Khrouslov.

1891, 29 avril – L’Exposition Française d’Art et d’Industrie ouvre ses portes à Moscou. C’est la première fois que sont exposées au public Russe des œuvres d’Edgar Degas et de Claude Monet. « Quand nous vîmes à l’exposition d’art français le premier Claude Monet (de la série des « Meules« ), nous fûmes totalement interloqués tellement c’était nouveau » dira Alexandre Benoît.

– C’est également cette année là que l’aîné des frères Morozov, Mikhaïl Abramovitch, entre en possession de son héritage.

– Le 10 novembre (selon l’ancien calendrier Julien), Mikhaïl Abramovitch Morozov épouse Marguarita Kirillovna Mamontova (1873-1958) et achète l’Hôtel Particulier de marchand de thé K.S Popov au coin du boulevard Smolensk et du péréoulok Glazovski. De leur union naitront 3 enfants : Guéorguï (1892-1918?), Élena (épouse Klioutchkov, 1895-1951) et Mikhaïl (Mika, 1897-1952).

– De son coté, Ivan Abramovitch Morozov entre à la Faculté Polytechnique à Zurich en Suisse. C’est au printemps qu’il achète sa première toile à la 19ème Exposition Ambulante, un paysage hivernal de peintre Piotr Levtchenko (1856-1917).

Hôtel Particulier de Mikhaïl Abramovitch Morozov

Mikhaïl Abramovitch Morozov (1870-1903)

Margharita Kirillovna Morozova (1873-1958)

1893, 15 août (selon l’ancien calendrier Julien) – La Galerie municipale des frères Pavel et Sergueï Trétiakov ouvre ses portes au public après avoir été transmise à la ville par donation en août 1892.

–  Mikhaïl Abramovitch Morozov termine ses études à l’Université et publie, à ses frais et sous le pseudonyme de « Mikhaïl Youriev », des études historiques : « Charles Quint et son temps » (1893) et « Controverses de la science historique de l’Europe Occidentale « (1894).

– Ivan Abramovitch Morozov, sans cesser d’étudier à Zurich, continue son travail pictural et peint des paysages à l’huile en plein air.

– Arsenï Abramovitch Morozov fait un stage en Angleterre dans une unité de production.

– Ambroise Vollard ouvre sa galerie au 37 rue Lafitte à Paris.

Claude Monet travaille sur sa série des « Cathédrales de Rouen« .

1894, décembre – Mikhaïl Abramovitch Morozov, qui commence à collectionner des œuvres d’art, se rend à la 14ème Exposition de Tableaux de la Société Moscovite des Amateurs d’Art (MTKh) où il achète « Idylle Septentrionale » de Constantin Korovine. Il achète directement chez l’artiste Apollinarï Vasnetzov « Le Kremlin Moscovite » et « Les Cathédrales« .

– Arsénï Abramovitch Morozov atteint sa majorité et reçoit en cadeau de sa mère Varvara un terrain rue Vozdvijenka. Il commande à l’architecte V.A Mazyrine le projet pour un Hôtel Particulier.

1895, printemps – Ivan Abramovitch Morozov finit ses études à l’école Polytechnique de Zurich et revient s’installer à Tver où il prend le poste de Directeur – Ordonnateur de la « Société des Manufactures de Tver jusqu’en 1900 puis celui de  Président Administrateur de 1900 à 1918. Il recommence à fréquenter les expositions et acquiert « Avant la pluie« , un paysage d’Alexandre Kisseliov à la 23ème Exposition Ambulante.

– C’est à cette époque que Varvara Alexeievna Morozova va financer la construction et l’équipement de la première bibliothèque gratuite de Russie : «  La Salle de Lecture Ivan Sergueievitch Tourgueniev » à Moscou.

– Paul Gauguin part à Tahiti.

– Paul Durand-Ruel expose près de 50 tableaux de Claude Monet, parmi lesquels la série des « Cathédrales de Rouen« .

– Ambroise Vollard organise dans sa galerie la première exposition des tableaux de Paul Cézanne.

 

Première Bibliothèque/Salle de Lecture gratuite en Russie

« La Salle de Lecture Tourgueniev ».

1896 – Mikhaïl Abramovitch Morozov est élu à la tête de la Cathédrale de la Dormition à Moscou à laquelle il fait de généreuses donations. Il est également élu Conseiller Municipal de la Douma de la ville jusqu’en 1900. Il publie un livre autobiographique « Mes Lettres » sous le pseudonyme de  » Mikhaïl Iouriev ». Lors de la 24ème Exposition Ambulante, il acquiert un paysage d’Isaac Levitan « Une fraîche soirée, la Volga » .

1896, novembre – L’Exposition d’Art Français se tient à Saint Pétersbourg. En décembre, elle est à Moscou mais de manière réduite.Les œuvres d‘Edgar Degas et de Claude Monet suscitent un intérêt tout particulier, tout comme celles de d’Auguste Renoir, d’Alfred Sisley et de Pierre Puvis de Chavannes présentées pour le première fois en Russie. Des reproductions de plusieurs des tableaux présentés à l’Exposition sont publiées en janvier 1897 dans le revue « Niva« . En annexe est publié l’article d’Igor Grabar « Décadence ou Renaissance? » dans lequel l’auteur analyse l’état de la peinture contemporaine.

– Ouverture de l’Exposition des tableaux de Paul Gauguin dans la Galerie d’Ambroise Vollard.

1897 – Varvara Alexeievna Morozova décide de louer sur ses fonds propres un bâtiment pour abriter les Cours de la Pretchistenka pour les ouvriers, péréoulok Koursovoï à Moscou.

– Les fabriques de Tver doivent faire face à d’importantes grèves.

1897, octobre – Sergueï Diaghilev organise à Saint Petersbourg, « l’Exposition Scandinave« , première exposition européenne qui rassemble 298 œuvres d’artistes scandinaves. Le paysage de Fritz Thaulow, acheté par Savva Mamontov, se retrouvera, par la suite, dans la collection de Mikhaïl Morozov.

1898 – Varvara Alexeievna Morozova dégage des fonds pour « l’Institut de ceux qui souffrent de tumeurs » (Institut du cancer des Morozov, aujourd’hui Institut Oncologique Piotr Alexandrovitch Herzen), en mémoire de sa mère décédée d’un cancer.

– Mikhaïl Morozov fait don de 30 000 roubles pour l’organisation de la Salle de sculptures grecques (Vénus de Milo et Laocoon) du Musée des beaux-arts qui se construit à Moscou. Il commence à voyager régulièrement en Europe, souvent accompagné par le peintre Sergueï Vinogradov.

– Ivan Morozov est élu Président de l’Assemblée des Marchands Moscovites.

– Au Musée de l’École d’Art du Baron Stieglitz à Saint Petersbourg s’ouvre « l’Exposition des Peintres Russes et Finlandais« .

– Édition d’une nouvelle revue artistique « Mir Iskousstva » (le Monde de l’Art).

1899, janvier – La revue « Mir Iskousstva » organise l' »Exposition Artistique Internationale de Tableaux » au Musée de l’École d’Art du Baron Stieglitz. Mikhaïl Morozov y achète un paysage d’Akseli Gallen-Kallela, « Lac Rouovessi (rivière)« . La plus grande partie des tableaux présentés à cette exposition se retrouvera par la suite dans les collections des frères Morozov.

– Au même moment, à Saint Pétersbourg, a lieu « l’Exposition Française d’Art et d’Industrie » organisée par la Société d’encouragement des arts, avec le soutien du gouvernement français. Mikhaïl Morozov y achète « le Dernier Souper » de Charles Cottet et son frère Ivan un dessin de François Guiguet « Violoncelliste« 

1899, avril-mai – Mikhaïl Morozov visite le Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts où il achète « Lutte de Femmes » de Jean Veber.

– Les Manufactures de Tver font face à une seconde grève de grande ampleur. Mikhaïl Morozov s’oppose à l’intention de son frère Ivan d’ouvrir un salon de thé et un théâtre pour les ouvriers des usines. L’administration de la Manufacture refuse désormais de payer une aide aux victimes d’un accident de travail, aide que les ouvriers avaient obtenue à la suite des grèves de 1885. Ivan Morozov décide alors de quitter Tver pour venir s’installer à Moscou.

– Mikhaïl Morozov achète chez Durand-Ruel une toile de Camille Corot « la Madone de Verneuil« . Il achète à Vassili Sourikov 10 études et esquisses de ses tableaux historiques.

– La revue « Mir Iskousstva » n°6 publie un article d’Alexandre Benoit sur l’impressionisme  : « La perplexité, frisant l’horreur, s’empare de tous ceux qui voient pour la première fois les tableaux de cette école. Est-il possible que des personnes sincères et impartiales puissent trouver, dans ce désordre enragé de couleurs et de lignes, et la lumière et le soleil et la vie et le subtil charme coloriste et même la poésie? C’est seulement en s’éduquant, en développant son goût et en pénétrant plus profondément dans une œuvre qui nous déconcerte, que nous découvrons sous la monstrueuse couche supérieure une étincelle divine qui allume en nous l’enthousiasme« .

1900 – Ivan Abramovitch Morozov s’installe dans l’Hôtel Particulier du 21 rue Pretchistenka à Moscou qu’il a acheté à la veuve de David Abramovitch Morozov (1843-1893), le frère cadet de son père.

Rue Pretchistenka, Moscou (début 1900)

1900, mars – Lors de la vente de la Collection Tavernier, Durand-Ruel achète la « Guinguette » d’Édouard Manet pour le compte de Mikhaïl Morozov.

1900, avril – L’exposition Universelle ouvre ses portes à Paris. De nombreux artistes et des personnalités du monde de l’art russe s’y rendent.

– Mikhaïl Morozov se rend dans la Galerie d’Ambroise Vollard et achète une toile de Paul Gauguin « la Pirogue » qui sera le premier Gauguin importé en Russie.

– Mikhaïl Morozov achète une peinture de Mikhaïl Vroubel « la Tzarine-Cygne » pour la somme de 800 francs.

1901, janvier – Troisième exposition de tableaux de la revue « Mir Iskousstva » à l’Académie des Beaux-Arts où Mikhaïl Morozov achète « A la Datcha » de Constantin Somov. Dans le cadre de cette exposition est organisée une rétrospective posthume des œuvres d’Isaac Levitan, Ivan Morozov en possédait plus de 30 dans sa collection.

1901, mars – Lors de l’exposition Van Gogh à la Galerie Bernheim-Jeune à Paris, Mikhaïl achète « la mer à Sainte Marie« : ce paysage sera le premier Van Gogh à être importé en Russie. Il achète chez Vollard un second Gauguin « Paysage avec 2 chèvres » et, au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts l’extravagante « Danse Espagnole » d’Hermenegildo Anglada.

– Mikhaïl Morozov, qui auparavant séjournait toujours dans les hôtels parisiens, décide de louer un appartement 72 rue Geoffroy de Abbé, près de l’avenue de Wagram.

1901, décembre – Après de longues hésitations, Mikhaïl Morozov se décide à acheter la scandaleuse toile d’Albert Besnard « Féérie intime » qui l’avait tant impressionné au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts.

– A Moscou s’ouvre « l’Exposition des 36 artistes » organisée par un groupe d’artistes de la ville (Apollinari Vasnetsov, Sergueï Vinogradov, Vassili Pérépliotchikov) qui décidèrent de s’opposer aux ambulants et, dans le même temps, d’échapper au dictat de Diaghilev. Le but de cette nouvelle société est d’organiser à Moscou des expositions indépendantes. Les frères Mikhaïl et Ivan Morozov seront des acheteurs fidèles de l’exposition Moscovite.

Valentin Serov termine le portrait de Mika Morozov, le plus jeune fils de Marguarita et Mikhaïl Morozov.

Ivan Morozov fait la connaissance d’une jeune danseuse / choriste du restaurant Yar, Eudoxie Kladovchikova qui chantait sous le nom de Lozenbek.

Restaurant Yar, Moscou

Ivan Abramovitch Morozov

Eudoxie Kladovchikova

1902, mars – A Saint Pétersbourg s’ouvre la 4ème exposition de tableaux de la revue « Mir Iskousstva » avec des œuvres de SerovKorovine, Pasternak, Somov, Grabar, Maliavine, Benoit, Golovine et le chef-d’œuvre de Vroubel « le Démon terrassé« . L’exposition se déplace ensuite à Moscou dans les « Salles du Passage« . Des reproductions de toute une série de toiles appartenant à la collection de Mikhaïl Morozov figurent dans le catalogue, parmi lesquelles « la Diseuse de bonne aventure » et « Crépuscule » de Vroubel.

1902, 20 mars (selon l’ancien calendrier Julien) – Mikhaïl Morozov assiste à la première vente aux enchères d’œuvres d’art appartenant à Savva Mamontov, où il achète « les 3 Tzarines du Royaume souterrain » de Victor Vasnetsov.

1902, 28 mai – Mikhaïl Morozov achète à la Galerie Bernheim-Jeune pour 19 000 francs le « Portrait de Jeanne Samary » d’Auguste Renoir et « le Champs de Coquelicots » de Claude Monet. C’est à ce moment que fut vraisemblablement acheté le pastel d’Edgar Degas « Femme s’essuyant« .

– Des tableaux de Charles Guerin, Pierre Bonnard, Maurice Denis et Louis Valtat font leur apparition dans la collection de Mikhaïl Morozov.

Valentin Serov peint le portrait d’apparat de Mikhaïl se tenant devant la cheminée dans une salle de son Hôtel Particulier du boulevard Smolenski pour la somme de 1 000 roubles (2 800 francs).

Portrait de Mika Mikhaïlovitch Morozov par Valentin Serov

Portrait de Mikhaïl Abramovitch Morozov par Valentin Serov

1903, 26 janvier (selon l’ancien calendrier Julien) – L’exposition ‘l’Art Contemporain« , organisée par le Prince Sergueïl Chtcherbatov et Vladimir Von Meck, ouvre ses portes à Saint Pétersbourg.

Ivan Morozov achète « Confidences » et « Dans le vieux parc » de Constatin Somov.

1903, avril – Au Salon des Indépendants (20 mars au 25 avril), Mikhaïl Morozov achète une toile d’Edvard Munch, « Nuit Blanche » qui s’avèrera le seul tableau de l’artiste dans les collections russes. Au Salon sont également exposées des œuvres de Manguin, Matisse, Marquet, Signac, Friesz.

– Ivan Morozov se rend pour la première fois au « Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts » où il achète « Coup de vent » de Lucien Simon et « Préparation à la corrida » d’Ignacio Zulaoga.

1903, 8 mai – Mort de Paul Gauguin sur l’île de Hiva Oa.

– La Galerie Bernheim-Jeune acquiert lors d’une vente aux enchères le « Portrait d’Yvette Guilbert » de Toulouse-Lautrec pour le compte de Mikhaïl Morozov.

– Revenu à Moscou, Ivan Morozov entretient une correspondance avec Durand-Ruel concernant l’achat d’un paysage d’Alfred Sisley. Le marchand parisien consent à baisser le prix et lui vend « Gelée à Louveciennes » pour la somme de 11 500 francs. C’est à partir de cette première acquisition onéreuse que l’on a commencé à faire le compte des achats de tableaux d’artistes étrangers par Ivan Morozov.

1903, juin – Durand-Ruel informe Mikhaïl Morozov qu’un tableau de Stefan Bakalovitch et un dessin de Jean Louis Forain ont été acheté pour lui à une vente aux enchères. Mikhaïl Morozov entretien une correspondance avec le marchand au sujet de l’achat de travaux de Corot et Millet.

1903, 24 juillet (selon l’ancien calendrier Julien) – Naissance d’Eudoxie, fille d’Ivan Abramovitch Morozov et d’Eudoxie Sergueïevna Kladovchikova qui décèdera à Paris le 27 décembre 1974.

1903, 22 septembre (selon l’ancien calendrier Julien) – L’état de santé de Mikhaïl Morozov, qui souffre de néphrite, se dégrade et on fait venir de Berlin un célèbre thérapeute, le Professeur Leiden.

1903, 12 octobre (selon l’ancien calendrier Julien) – Mikhaïl Abramovitch Morozov décède à l’âge de 33 ans. Une nécrologie signée par Sergueï Diaghilev parait dans la revue « Mir Iskousstva« .

1903, 31 octobre – Ouverture à Paris du premier « Salon d’Automne » à l’initiative d’un groupe de peintres : Rouault, Marquet, Vuillard, Carrière ….. Une salle est réservée à la peinture de Paul Gauguin (collection Gustave Fayet).

– La Galerie d’Ambroise Vollard présente une exposition Paul Gauguin (50 tableaux et 27 dessins).

1903, novembre – Lors de la vente aux enchères de la Princesse Maria Tenicheva à Saint Péterbourg, Sergueï Vinogradov acquiert pour le compte d’Ivan Morozov un paysage d’Isaac Levitan « le Silence« .

1903, 13 novembre – Décès de Camille Pissaro.

Constantin Korovine réalise un portrait d’Ivan Abramovitch Morozov. La collection d’Ivan rassemblera une soixantaine d’œuvres du peintre.

– La fusion des »36 artistes » et de « Mir Iskousstva »  va donner naissance au « Syndicat des Artistes Russes » (1903-1924). C’est justement lors des expositions du Syndicat que se constituera la plus grande partie des œuvres russes de la collection d’Ivan Morozov.

1904, 2 janvier (selon l’ancien calendrier Julien) – Marguarita Morozova donne naissance à une fille, Marie. Avant sa mort, Mikhaïl Morozov avait établi un testament dans lequel il léguait l’intégralité de ses biens à son épouse. La veuve Marguarita Morozova part avec ses enfants en Suisse. Le 17 février 1910 (selon l’ancien calendrier Julien), Marguarita Kirillovna Morozova informe le curateur de la Galerie Tretiakov, Ilia Semionovitch Ostroukhov, de son intention de lui faire don d’une grande partie des peintures russes et étrangères de la collection de son défunt mari. Le 2 mars (selon l’ancien calendrier Julien) la Galerie Tretiakov prend officiellement possession du don de Marguarita Morozova.

Marguarita Morozova (à gauche) avec ses enfants Iouri, Elena et Mika (de gauche à droite), la petite Marie étant née après le déces de son père. En arrière plan, le portrait de Mikhaïl par Valentin Serov.

1904, 27 janvier (selon l’ancien calendrier Julien) – Le Japon attaque la flotte Russe dans la rade de Port-Arthur déclenchant la guerre Russo/Japonaise.

– La manufacture de Tver reçoit une grosse commande de draps pour l’armée, promettant de gros bénéfices.

1904, 21 février/24 mars – Le « 20ème Salon des Indépendants » accueille une rétrospective de Paul Cézanne.

– Eugène Druet ouvre sa Galerie 114 rue du Faubourg Saint Honoré à Paris.

1904, 9 mai/4 juin – La Galerie Durand-Ruel expose la série londonienne de Claude Monet, une des dernières grandes séries de l’artiste.

1904, 1 juin/18 juin – Première exposition personnelle d‘Henri Matisse dans la Galerie Vollard. Y sont présentés des tableaux peints entre 1897 et 1903.

Pablo Picasso s’installe au « Bateau-Lavoir » à Montmartre (Paris). C’est le début sa période « rose ».

1904, automne – Ivan Morozov se rend pour la première fois au « Salon d’Automne » à Paris (15 octobre au 15 novembre). 1317 peintures et sculptures y sont exposées. 380 artistes dont Valtat, Van Dongen, Girieud, Kandinsky, Marquet, Matisse, Puy, Friesz ……. Certaines salles sont consacrées à Toulouse-Lautrec, Puvis de Chavannes ou encore Redon. Le collectionneur débutant, Ivan Morozov, éprouve un intérêt particulier pour la rétrospective d’Auguste Renoir et de Paul Cézanne (42 œuvres). Il est accompagné par le peintre Sergueïl Vinogradov, ami de son défunt frère Mikhaïl, qui prend le rôle de conseiller et de consultant auprès d’Ivan.  A la Galerie Durand-Ruel Ivan Morozov va acquérir un « Portrait de Jeanne Samary » de Renoir et 2 paysages de Sisley pour la somme de 40 000 francs. Chez Vollard il achète un paysage de Camille Pissaro « Terres Labourées » et chez Bernheim-Jeune « Dans la Chambre » de Vuillard.

Reçu de la Galerie Bernheim-Jeune à Ivan Morozov pour l’achat du tableau de Vuillard « Dans la chambre » pour la somme de 2 000 francs le 13 novembre.

Reçu de Vollard à Ivan Morozov pour l’achat du tableau de Pissaro « Terres Labourées » pour la somme de 1 800 francs -1904.

1905, 1er janvier (selon l’ancien calendrier Julien) – Ivan Abramovitch est nommé « Conseiller Industriel » par le Ministre des Finances pour ses activités commerciales et industrielles nationales.

1905, 9 janvier (selon l’ancien calendrier Julien) – « Dimanche sanglant », répression sanglante d’une manifestation populaire sur la place du palais d’Hiver par l’armée impériale qui marquera le début de la Révolution de 1905.

– Des réunions illégales sont organisées dans les maisons de Marguarita et Varvara Morozov, on y fait des conférences politiques.

– La revue « Iskousstvo » (l’Art ») n°2 publie plus de 20 reproductions d’œuvres de peinture contemporaine occidentale : Gauguin, Denis, Cézanne, Van Gogh, Vuillard, Carrière, Monet, Guérin, dont une part importante se trouve dans la collection de Sergueïl Ivanovitch Chtchoukine.

– Dissolution du groupe des Nabis; ses membres, Denis, Vuillard, Bonnard et Roussel deviennent les peintres préférés d’Ivan Morozov.

1905, avril – Au « Salon des Indépendants« , Ivan Morozov achète des travaux de peintres peu connus (Edmond Lempereur, Alfred Maurer, James Morrice, Roderic O’Conor), principalement des petites scènes parisiennes.

1905, automne – Au 3ème « Salon d’Automne », Matisse expose avec un groupe de jeunes peintres (Manguin, Puy, Derain, Vlaminck, Valtat) que le critique Louis Vauxcelles appelle ironiquement des « fauves ». Le fauvisme est né. Le prudent Ivan Morozov n’est pas encore prêt pour l’achat des fauves, mais c’est justement lui qui constituera une collection impressionnante d’un des premiers « ismes » du 20ème siècle. Pour le moment son attention est tournée, comme auparavant, vers les impressionnistes. Chez Durand-Ruel il achète encore 2 paysages d’Alfred Sisley.

– L’architecte Lev Kekouchev commence la reconstruction de l’Hôtel Particulier de la rue Pretchistenka avec la suppression des moulures baroques de l’enfilade d’apparat des salles du premier étage. Dans le grand « Salon de Musique » les entresols sont retirés afin d’agrandir la hauteur du plafond jusqu’à 6 mètres. Sur le toit est installée une verrière grâce à laquelle le salon reçoit un éclairage naturel.

1905, 7 décembre (selon l’ancien calendrier Julien) – A Moscou débute une grève politique générale qui se transforme en émeute armée.

1906, février – L’exposition « Mir Iskousstva » (le monde de l’art) ouvre ses portes à Saint Petersbourg avec des œuvres d’artistes Moscovites et Pétersbourgeois. Ivan Morozov y achète « l’Étude verte« , une œuvre du jeune espoir Boris Anisfeld.

1906, printemps – Seconde exposition particulière d’Henri Matisse à la Galerie Druet (19 mars/7 avril).

– Au « Salon des Indépendants » sont représentés 842 artistes parmi lesquels Derain, Friesz, Manguin, Marquet, Valtat, Vlaminck, Puy, Matisse … Ivan  Morozov y achète « Printemps en Provence » de Paul Signac, « La Loge » de Tony Minartz et « La Source Sacrée en Guidel » de Maurice Denis. Ivan Morozov, n’ayant pas réussi à acheter une seconde œuvre de Denis qui lui plaisait, se rend chez l’artiste à Saint-Germain en Laye où il commande une réplique du « Paysage avec Polyphème » et réserve la toile inachevée « Bacchus et Ariane« .

– Ivan Morozov se rend également à l’exposition de tableaux de Claude Monet de la collection du chanteur Jean-Baptiste Faure qui a lieu dans la Galerie Durand-Ruel. L’année suivante il achètera 3 tableaux figurant dans le catalogue.

1906, automne – Le 4ème « Salon d’Automne » ouvre ses portes au Grand Palais à Paris. 12 salles du Salon présentent une exposition d’art russe, organisée par Sergueïl Diaguilev. Le public français découvre l’histoire de l’art Russe depuis la peinture d’Icônes de l’ancienne Russie jusqu’à la peinture contemporaine. Ivan Morozov, faisant partie des sponsors avec Vladimir Hirshmann, Sergueï Botkine, le Prince Vladimir Argoutinski-Dolgorouki et Vladimir Von Meck et étant reconnu comme un grand collectionneur, est élu Membre d’Honneur du Salon d’Automne et est décoré de la Légion d’Honneur. Parmi les œuvres de la collection d’Ivan Morozov présentées à cette exposition : « Portrait d’une Dame » de Victor Borissov-Moussatov, « le Chateau de Tchernomor » d’Alexandre Golovine, « Café à Yalta » de Constantin Korovine … Pendant l’exposition, Ivan Morozov achète « Neige de mars » d‘Igor Grabar et « Fête Galante » de Nikolaï Milliotti.

– Ivan Morozov visite l’Hôtel Particulier du Baron Denys Cochin, où il admire les vitraux et les panneaux exécutés par Maurice Denis. Le Baron possède une très grande collection d’œuvres de Cézanne qui devient le peintre préféré d’Ivan Morozov.

Paris, Le Grand Palais.

1906, 22 octobrePaul Cézanne meurt à Aix en Provence.

– Création à Moscou de la revue « Zolotoie Rouno » (La Toison d’Or) de tendance symboliste, éditée par Nikolaï Riabouchinski.

1906, 27 décembre (selon l’ancien calendrier Julien) – A la première « Exposition de l’Union des Artistes Russes » à Saint Pétersbourg, Ivan Morozov achète « Conte Arabe » de Boris Anisfeld, « Devant une Statue Blanche« , « Gel de mars » et « Nuit d’Été »  de Nikolaï Krymov, des paysages de Piotr Pétrovitchev et de Mikhaïl Mechtchérine. A la même date est établie une facture de 200 roubles pour l’achat du tableau de Mikhaïl Larionov « Fenêtre » (nous ne savons pas où il est).

– La chapelle-caveau de Mikhaïl Abramovitch Morozov dessinée par Apollinari Vasnetsov est construite au cimetière du Monastère Pokrovski.

Chapelle-Caveau de Mikhaïl Abramovitch Morozov

1907, janvier Sergueï Chtchoukine, atterré par le décès subit de sa femme, écrit un testament selon lequel sa collection doit être léguée à la Galerie Trétiakov après sa mort.

1907, 4 mars – Lors de la dispersion de la collection de Georges Viau, Durand-Ruel achète pour le compte de son client, Ivan Morozov, « Sous les arbres du Moulin de la Galette » d’Auguste Renoir et « Eragny matin d’automne » de Camille Pissaro.

1907, printemps – Exposition de Maurice Vlaminck à la Galerie d’Ambroise Vollard.

– Dissolution du groupe des fauves.

1907, 8/20 avril – Exposition de Maurice Denis à la Galerie Bernheim-Jeune (45 peintures, 20 dessins).

1907, 14 avril – Ouverture du « Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts » où Maurice Denis expose « Polyphème » et « Bacchus et Ariane« , appartenant à Ivan Morozov.

1907, 29 avril – Ivan Morozov achète chez Durand-Ruel « Coin de Jardin à Montgeron« , « Meule de foin à Giverny« , « Boulevard des Capucines » et « Le Pont de Waterloo » de Claude Monet.

1907, 4 mai – Chez Vollard, Ivan Morozov achète ses premiers tableaux de Paul Gauguin « Conversation » et  » Paysage aux Paons » ainsi qu’ « un Coin de Paris » et « Paysage en Dauphiné » de Pierre Bonnard.

Picasso peint « Les Demoiselles d’Avignon« . Naissance du Cubisme.

– Arrivée à Paris du jeune Daniel-Henri Kahnweiler et ouverture de sa petite Galerie au 27 rue Vignon. Il mise sur les cubistes et passe des contrats avec Derain, Picasso, Friesz et Braque.

– Ivan Morozov décide de commander des panneaux décoratifs à Maurice Denis pour son Salon Musical. Dans une lettre du 21 juillet, le peintre lui fait savoir qu’il a l’intention d’utiliser « l’Histoire de Psyché » comme sujet des panneaux.

Palais d’Arsenï Abramovitch Morozov.

1907, 27 juillet (selon l’ancien calendrier Julien) – Ivan Abramovitch Morozov épouse religieusement Eudoxie Serguéïevna Kladovchikova. Leur liaison avait été tenue secrète pendant plus de 3 ans, tout comme l’existence de leur fille qui continue de rester . Les jeunes mariés partent en voyage de noces. Ils passent le mois d’août à Biarritz puis se rendent à Paris en septembre.

1907, octobre – Le « Salon d’Automne »  organise une rétrospective posthume des œuvres de Paul Cézanne. Ivan Morozov y achète pour la première fois des tableaux du peintre « Paysage de la Montagne Sainte Victoire » et « Nature morte au rideau« .

– Ivan Morozov montre un grand intérêt pour de jeunes artistes de la Galerie Vollard; il achète « le Séchage des Voiles »  d’André Derain, qui est le début du paysage fauve, ainsi que « Bateaux sur la Seine » de Maurice Vlaminck et 5 toiles de Louis Valtat. D’après la facture de la Galerie Vollard du 5 octobre, les achats se montent à 45 000 francs.

1908, 5 janvier – A la 6ème exposition de « l’Union des Artistes Russes » Ivan Morozov achète une esquisse de Nikolaï Sapounov et « Foire au village » de Sergueï Malioutine. Il achète également plusieurs tableaux de la collection de Vladimir Von Meck, dont la toile inachevée de Vroubel « Lilas » et 3 études du peintre.

1908, avril – Au « Salon des Indépendants« , Ivan Morozov achète l’œuvre fauve d’André Derain « Route de Montagne« .

1908, 29 avril – En une seule journée, Ivan Morozov va acheter chez Vollard des tableaux pour une somme de 50 000 francs (Sergueï Chtchoukine qui était venu la veille à la galerie avait dépensé 3 fois moins) dont « Au pied de la Montagne« , « Femme au fruit » et « Fleurs de France » de Paul Gauguin ainsi que « l’Ouverture de Tannhäuser » de Paul Cézanne. Le même jour, Vollard lui vend également « la Jeune Fille à la Boule (ou l’acrobate à la boule) » de Pablo Picasso dont le nom ne dit rien au collectionneur pour le moment.

– Sergueï Chtchoukine emmène Ivan Morozov dans l’atelier d’Henri Matisse, boulevard des Invalides.

Reçus de la Galerie Vollard à Ivan Morozov.

1908, 16 mai – Eugène Druet achète pour le compte d’Ivan Morozov « Les Chaumières » de Vincent Van Gogh lors d’une vente de tableaux de peinture contemporaine à l’Hôtel Drouot.

– Nikolaï Riabouchinski organise à Moscou le 1er « Salon de la Toison d’Or« . Près de 800 oeuvres d’artistes russes et majoritairement français sont présentées à cette exposition. Déjà familiarisé avec la création de Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Redon et Signac, le public russe voit pour la première fois des travaux de Matisse, Derain, Friesz, Manguin, Puy, Valtat et beaucoup d’autres. A la fin du Salon, Ivan Morozov achète « le Café de Nuit » de Van Gogh et « Square à Paris » de Georges Dufresnoy.

1908, étéSergueï Ivanovitch Chtchoukine ouvre sa galerie à ceux qui désirent voir sa collection, 8 péréoulok Znamienski, les dimanches de 11h à 13h, inscriptions par téléphone.

1908, août – Ivan Morozov et son épouse Eudoxie se reposent aux thermes de Karlsbad (actuelle Tchéquie).

1907. Ivan Morozov avec des amis (3ème en partant de la gauche).

1907. Ivan Morozov avec des amis (debout au centre).

1908, 29 septembre – Second gros achat de tableaux à la Galerie Vollard. Ivan Morozov achète « le Grand Pin près d’Aix » de Cézanne, « la Grenouillère » de Renoir et « Bords de rivière (ou l’Etang à Montgeron) » de Monet pour la somme de 45 000 francs.

– A la Galerie Durand-Ruel, il achète « la Jeune fille à l’Éventail » de Renoir.

– Au « Salon d’Automne » Maurice Denis expose une série de 5 panneaux de » l‘Histoire de Psyché » peints pour l’Hôtel Particulier d’Ivan Morozov à Moscou.

– Henri Matisse expose la grande nature morte « La Chambre Rouge » peinte pour Sergueï Chtchoukine.

– Ivan Morozov achète « La Glace du Cabinet de Toilette » de Pierre Bonnard, « Femme assise » d’Henri Matisse  ainsi que des tableaux de Friesz et de Dufresnoy.

– Chez Vollard, Ivan Morozov achète « Café à Arles » et « le Grand Buddha » de Paul Gauguin.

Reçus de la Galerie Vollard à Ivan Morozov.

1908, 29 octobre – Invité par Wilhelm Uhde, Ivan Morozov visite la galerie que l’historien d’art allemand vient d’ouvrir 73 rue Notre-Dame-des-Champs à Paris où il acquiert pour 300 francs « Fleurs » et « Portrait » d’Auguste Herbin.

1908, novembre – Ivan Morozov rentre en Russie avec 16 toiles. Les années 1907 et 1908 sont les plus fécondes de la collection d’Ivan Morozov, il a acquis plus de 60 tableaux.

– Ivan Morozov est élu Président de l’administration de la Société de Sylviculture « Mougreïevo-Spirovskïe« .

– Les panneaux de Maurice Denis arrivent à Moscou.

1908, 24 décembre (selon l’ancien calendrier Julien) – Arseni Abramovitch Morozov meurt d’une septicémie à l’âge de 35 ans dans son Domaine de Vlassiévo près de Tver.

Arseni Abramovitch Morozov et sa compagne.

1909, janvierMaurice Denis et sa femme arrivent à Moscou. Pendant que le couple découvre la ville, Ivan Morozov doit régler les problèmes liés au testament de son frère cadet qui a légué à sa maîtresse son Hôtel Particulier et une fortune de plusieurs millions.

– A la demande d’Ivan Morozov, le Prince Sergueï Chtcherbatov et Vladimir Von Meck organisent pour l’hôte français un riche programme culturel comprenant un voyage de 2 jours à Saint Pétersbourg.

– Insatisfait du coloris tranchant de ses panneaux, Denis passe un certain temps à repeindre certaines parties. Comprenant que les 5 scènes picturales sont insuffisantes pour une salle étroite avec un plafond de 6 mètres de haut, il propose de compléter les espaces vides et de peindre deux panneaux horizontaux et quatre boiseries verticales. Ivan Morozov est d’accord avec la proposition du peintre. S’impose à lui l’idée de compléter l’ensemble du Salon Musical par des sculptures et des vases en céramique. Denis lui conseille de commander les sculptures chez Maillol.

Lors de l’Exposition « Les frères Morozov » qui s’est tenue du 21/06/2019 au 06/10/2019 au Palais de l’Ermitage

à Saint Pétersbourg, le Salon de Musique du Palais Morozov a été récrée à l’identique pour l’occasion.

1909, février – Lors de la 6ème « Exposition de l’Union des Artistes Russes » Ivan Morozov achète « les Pivoines » et « Fête Nocturne » de Nikolaï Sapounov ainsi que « Pommiers après la pluie » de Mikhaïl Larionov.

– A Moscou se tient le second « Salon de la Toison d’Or« . Y participent des Maîtres étrangers, Matisse, Derain, Van Dongen, Marquet, Rouault, Vlaminck, Friesz …. mais ils sont beaucoup moins nombreux que lors de la première édition.

1909, marsSergueï Chtchoukine fait savoir à Matisse qu’Ivan Morozov souhaite discuter avec lui sa commande de tableaux pour sa salle à manger. Cependant, en raison des soucis de santé de son épouse, Ivan Morozov ne va pas à Paris au printemps.

– A l’exposition d‘Othon Friesz dans la Galerie Druet, Marthe Denis achète, à la demande d’Ivan Morozov, « Arbres à Cassis » et « Neige à Munich« .

Matisse passe son premier contrat avec la Galerie Bernheim-Jeune qui reçoit les droits exclusifs de ses travaux, excepté les grands formats et il s’installe avec sa famille à Issy-les-Moulineaux en banlieue parisienne, où il se construit un atelier dans le parc.

– Ivan Morozov commande à Matisse 2 natures mortes.

– A Saint Pétersbourg, début de la parution de la revue d’Art et de Littérature « Apollon« .

– Ivan Morozov achète « Fête » de Boris Koustodiev. L’année précédente le peintre avait exécuté sur commande une réplique de son tableau « Foire« .

– Début à Paris des « Saisons Russes » organisées par Sergueï Diaghilev.

1909, 14 septembre – Ivan Morozov achète « Bords de Marne » et  » Autoportrait à la Casquette » de Cézanne chez Durand-Ruel pour 30 000 francs.

1909, 2 octobre – Ivan Morozov achète chez Vollard 4 toiles de Cézanne pour la somme de 93 000 francs « Fleurs« , « La Montagne Sainte Geneviève« , « Baignade » et « le Fumeur« . En une année, les prix des toiles de Cézanne doublèrent presque, cependant le collectionneur Ivan Morozov achète sans compter les travaux qui lui paraissent représenter la création du Maître.

Matisse n’arrive pas à terminer les natures mortes que lui a commandées Ivan Morozov et à les montrer au « Salon d’Automne« .

Sergueï Chtchoukine achète son premier Picasso, « Portrait à l’Éventail« .

1909, novembre – Le 3ème « Salon de la Toison d’Or » a lieu sans la participation française faute de financement. A cette exposition se détachent Mikhaïl Larionov, Natalia Gontcharova, Piotr Kontchalovski, Pavel Kouznetsov, Martiros Sarian dont certaines œuvres se trouvent déjà dans la collection d’Ivan Morozov.

–  Le sculpteur Vladimir Izdebski, originaire d’Odessa, organise le premier « Salon International« . Pour la première fois des œuvres d’artistes contemporains sont montrées en province (Odessa, Kiev, Riga). La majorité des participants français de l’exposition est présente dans les collections Morozov et Chtchoukine.

– Ivan Morozov procède au réaccrochage de ses tableaux dont le nombre s’accroît .

1910, janvier – Ivan Morozov passe commande à Pierre Bonnard d’un panneau pictural pour embellir l’escalier d’apparat de son Hôtel Particulier, ainsi que 2 toiles sur le sujet de la « Vie parisienne« .

Lors de l’Exposition « Les frères Morozov » qui s’est tenue du 21/06/2019 au 06/10/2019 au Palais de l’Ermitage

à Saint Pétersbourg, le triptyque « la Méditerranée » de Pierre Bonnard qui décorait le haut de l’escalier d’honneur du Palais Morozov a été recrée à l’identique pour l’occasion.

1910, 23 mars (selon l’ancien calendrier Julien) – Arrivée à Moscou des natures mortes tant attendues de Matisse « Bronze et Fruits » et « Nature morte à la Danse » commandées au peintre début 1909.

1910, 14 avril (selon l’ancien calendrier Julien) – Mort à Saint Péterbourg de Mikhaïl Vroubel, un des artistes préférés des frères Morozov. La collection de Mikhaïl Morozov comptait 6 de ses oeuvres, celle d’Ivan Morozov 27, principalement des études et des esquisses.

1910, mai – Ivan Morozov acquiert chez Gustave Fayet « Nature Morte au Perroquet » peinte par Paul Gauguin peu avant sa mort pour la somme record de 27 000 francs.

1910, 1er octobre – Ouverture du « Salon d’Automne« . Sur la recommandation de Valentin Serov, Ivan Morozov achète « Prunes bleues » d’Ilya Machkov (appelée aujourd’hui « Nature morte, fruits sur un plat« ) et « Place du Village en Provence » d’Auguste Chabaud.

– Les panneaux « La Musique » et « La Danse », exposés par Matisse au Salon, sont accueillis si négativement par le public et la critique que Sergueï Chtchoukine décide de renoncer aux énormes tableaux avec des figures dénudées. Cependant, au cours de son voyage de retour, il change d’avis et demande au peintre d’envoyer immédiatement les panneaux à Moscou.

« La Danse » d’Henri Matisse (Collection de Sergueï Chtchoukine) à l’honneur le lundi 17 juin 2019, pour  le vernissage de l’exposition de la collection Chtchoukine au Musée des Beaux-Arts Pouchkine de Moscou, en présence de Marina Lochak, directrice du musée et d’André Marc Delocque-Fourcaud, petit-fils de Sergueï Chtchoukine.

1910, 11 novembre – Chez Vollard, Ivan Morozov achète « le Paysage Bleu » de Cézanne pour la somme de 35 000 francs.

– Scission à « l’Union des Artistes Russes« . Les artistes Pétersbourgeois font renaître l’association « Mir Iskousstva« .

Valentin Serov peint un portrait d’Ivan Morozov sur le fond de la nature morte d‘Henri Matisse « Bronze et Fruits« .

Aristide Maillol termine les statues « Pomone« , « Flore« , « Printemps » et « Éte » pour le Salon Musical du Palais d’Ivan Morozov.

1910, 4 décembre (selon l’ancien calendrier Julien) – Arrivée à Moscou des panneaux de Matisse commandés par Sergueï Chtchoukine « La Musique » et « La Danse« .

1910, 10 décembre (selon l’ancien calendrier Julien) – Ouverture à Moscou de la 1ère exposition de l’association « Boudnovy Valiet » (le Valet de Carreau) organisée par Mikhaïl Larionov, Piotr Kontchalovski, Ilya Machkov et d’autres artistes russes. Les travaux de certains artistes du « Valet de Carreau » sont représentés dans la collection d’Ivan Morozov : « Nature Morte » de Machkov, « Livres » de Vassili Rojdestvienski ou encore « Nature Morte » d’Alexandre Kouprine.

1911 –  Lors de la première exposition de l’association « Mir Iskousstva » Ivan Morozov acquiert « Rue de Constantinople » de Martiros Sarian.

Alexandre Benoit, dans l’une de ses « lettres d’art » publiée dans le journal « Rietch » déclare qu’il faudra à la société russe des années « pour s’habituer » aux conceptions moscovites de la nouvelle peinture.

1911, printemps – Scission parmi les participants de l’exposition du « Valet de Carreau« , Mikhaïl Larionov et Natalia Gontcharova quittent l’association et forment le groupe « Osliny Khvost » (la Queue d’Âne).

– Ivan Morozov fait une nouvelle commande à Matisse soulignant que cette fois, la commande est familiale. Son épouse adorée demande à Matisse de peindre pour elle une nature morte tandis que lui souhaite 2 paysages.

1911, septembre – Eudoxie Morozova subit une lourde opération chirurgicale pour soigner une hernie. Ivan Morozov ne fait pas son voyage traditionnel à Paris en Automne.

1911, 23 octobre/9 novembre – Visite triomphale d’Henri Matisse à Moscou. L’artiste procède au ré-accrochage de ses tableaux dispersés dans diverses salles de l’Hôtel Particulier de Sergueï Chtchoukine au péréoulok Znamienski. Début de l’ensemble du « Salon Rose« .

1911, novembre – Après avoir été exposés à la Galerie Bernheim-Jeune et au « Salon d’Automne » à Paris, arrivent à Moscou le triptyque « Méditerranée » exécuté par Pierre Bonnard pour l’escalier du Palais d’Ivan Morozov et les statues en bronze « Pomone » et « Flore » réalisées par Maillol.

La « Salle Matisse » du Palais Troubetskoï de Sergueï Chtchoukine. La collection Chtchoukine comprend, entre autre, 38 Matisse, 50 Picasso, 16 Gauguin ….

(ces photos sont la propriété exclusive de la famille Delocque-Fourcaud).

1912, janvier – Ouverture à Saint-Pétersbourg de l’exposition « Cent années de Peinture Française » organisée par la revue « Apollon » et « l’Institut Français« , la plus vaste de toutes les expositions en Russie consacrées à l’impressionnisme (près de 1 000 oeuvres présentées). Le Comité russe de l’exposition est constitué de représentants de l’aristocratie russe, dont Ivan Morozov. Parmi les chefs-d’oeuvre :  « Un Bar aux Folies Bergères » de Manet et « Les Amoureux » de Renoir, ainsi que la « Féerie Intime » de Besnard qui avait appartenu en son temps à Mikhaïl Morozov.

– Exposition de tableaux de la société « Le Valet de Carreau » où un groupe d’artistes français et allemands est invité à participer : Henri Matisse, Pablo Picasso, André Derain, Othon Friesz.

– En complément du triptyque « la Méditerranée« , Ivan Morozov commande à Pierre Bonnard 2 panneaux sur le thèmes des « 4 Saisons« . Après des discussions avec l’artiste qui considère cette commande plus laborieuse que le triptyque, le prix est fixé à 25 000 francs.

Mikhaïl Larionov organise l’exposition de la « Queue d’Âne » à laquelle participent entre autres,  Natalia Gontcharova, Alexandre Chevchenko, Kazimir Malévitch, Vladimir Tatline…. Ivan Morozov n’achète pas les « avant-gardistes » extrêmes, cependant sa collection est très familière aux représentants les plus radicaux de l’avant-garde russe.

1912, printemps – La revue « Apollon » (n°3-4) publie un article de Sergueïl Makovski sur la collection française d’Ivan Abramovitch Morozov. La publication est accompagnée par un catalogue complet et 52 reproductions de tableaux (en noir et blanc). Cette publication est une décision particulièrement importante pour Ivan Morozov qui garde jalousement l’accès à son Hôtel Particulier et à sa collection.

Revue « Apollon », 1912.

1912, juillet/septembre – Fin septembre, Matisse part au Maroc où il reste jusqu’à la mi-février 1913. Pendant son séjour à Tanger, il peint pour Ivan Morozov 3 tableaux qu’il réunit dans ce qu’il appelle le « Tryptique Marocain« .

– Arrivée à Moscou des panneaux de Pierre Bonnard, « Automne » et « Premier Printemps » qu’Ivan Morozov accrochera en haut de son escalier central de part et d’autre de la « Méditerranée« .

1912, 18 décembrePicasso signe un contrat exclusif de 3 ans avec la Galerie Kahnweiler selon lequel il n’a pas le droit de garder pour lui plus de 5 tableaux par an; Ambroise Vollard n’appréciant pas la manière cubiste du peintre ayant renoncé à s’occuper de l’artiste..

1913, 3 janvier – Une facture de 70 000 francs provenant de la Galerie Vollard arrive à Moscou .

1913, 1er février – Ivan Morozov achète chez Vollard « l’Enfant au fouet« , la dernière toile de Renoir pour 40 000 francs.

– Chez Kahnweiler, Ivan Morozov achète « Table et Fruits » de Derain et chez Druet, 4 toiles de Marquet « Soleil sur Paris« , « Quai du Louvre« , « Paris en Hiver, Quai Bourbon » et « la Baie de Naples« .

Reçus de la Galerie Vollard.

1913, mars/avril – A Moscou se tient la 3ème exposition du « Valet de Carreau« . Parmi les participants français : Braque, Derain, Vlaminck, Picasso.

– Ivan Morozov acquiert le tableau cubiste de Picasso « Portrait d’Ambroise Vollard« , un achat inattendu de la part du collectionneur qui avait ignoré le cubisme, à la différence de Sergueï Chtchoukine.

1913, avril – Exposition des tableaux Marocains et des sculptures de Maillol de la collection d’Ivan Morozov dans la Galerie Bernheim-Jeune. Sont exposées 3 œuvres de Matisse de la collection : « Vue de la fenêtre à Tanger« , « Zorah sur la Terrasse » et la « Porte de la Casbah » qui arriveront à Moscou le 14 juillet 1913.

Matisse espère voir Ivan Morozov chez lui dans son atelier pour lui proposer, en pendant au triptyque Marocain des tableaux peints à Tanger, dont « Café Arabe« , l’oeuvre la plus importante de la série Marocaine. Morozov ne prête aucune attention à cette invitation et c’est Sergueï Chtchoukine qui acquiert le tableau.

1913, 29 septembre (selon l’ancien calendrier Julien) – Ouverture dans le Salon d’Art de Klavdiya Mikhaïlova, rue Bolchaïa Dmitrovka à Moscou, de l’exposition personnelle de Natalia Gontcharova (plus de 700 oeuvres). Ivan Morozov achète « l’Hiver » et « Verger en Automne« .

1913, 18 octobre – Daniel-Henry Kahnweiler achète à Gertrude Stein, qui partageait sa collection avec son frère, 3 œuvres de Picasso parmi lesquelles un chef-d’œuvre de la période rose « Jeune Acrobate sur la Boule » que le marchand vend à Ivan Morozov le 25 octobre pour la somme de 16 000 francs.

1913, 27 octobre – Ivan Morozov achète chez Druet son dernier tableau, le 13ème, de Pierre Bonnard. Sur la toile « Été en Normandie » est gravée l’idyllique de l’avant-dernier été pacifique, de même que les tableaux des artistes français que les collectionneurs russes ne seront plus en mesure d’acheter.

1914, janvier –  Les profits de la Manufacture de cotonnades de Tver s’élèvent, pour l’année 1912/1913, à 1 705 312 roubles. Le capital de base était de 12 000 000 de roubles.

– A la 11ème exposition de « l’Union des Artistes Russes« , Ivan Morozov fait l’acquisition de 2 sculptures de Sergueï Konenkov « Torse » et « Jeune fille« .

1914, 1er août – L’Allemagne déclare la guerre à la Russie et le 3 août à la France où la mobilisation a déjà lieu. Le jour suivant les armées allemandes envahissent la Belgique, c’est le début de la Première Guerre Mondiale à laquelle vont participer 38 États. La Capitale de la Russie, Saint-Pétersbourg, change de nom et devient Pétrograd.

– Marguarita Kirilovna Morozova, qui avait déménagé dans l’Hôtel Particulier de péréoulok Miortvy, ouvre un hôpital dans une maison lui appartenant Boulevard Novinsky.

1914, décembre – Ivan Abramovitch Morozov fait don officiellement à son épouse Eudoxie, de la propriété de son Palais de la rue Pretchistenka.

Façade de l’ancien Palais Morozov. 1920.

Maison de campagne de la famille Morozov (archive familiale).

1915, mars – L’exposition de peintures « Année 1915 » est organisée au Salon artistique de Klavdia Mikhaïlova à Moscou. Croyant dans l’avenir du jeune Marc Chagall, que Jacob Tugendhold désigne comme « l’espoir de l’art russe », Ivan Morozov acquiert pour 100 roubles « Le salon de coiffure ». Morozov et Jacob Kagan-Chabchaï deviennent les premiers acheteurs russes d’œuvres de l’artiste. La « Nature morte avec plateau bleu » d’Alexandre Kouprine est également achetée lors de cette exposition.

1915, octobre – La Manufacture de Tver obtient une commande de l’armée de 4 955 000 archines (1=0,7112 m) de tissus et 10 000 cylindres pour grenades.

1916, janvier – A l’exposition de tableaux  « Mir Iskousstva » , Ivan Morozov achète « La Cineraria » de Piotr Kontchalovski et une « Nature morte » d’Ilya Machkov  .

1916, avril – « Une maison à Liozna » et « David à la mandoline » de Marc Chagall appartenant à Ivan Morozov sont présentés à l’exposition du Bureau artistique de Nadejda Dobytchina.

– A l’exposition de l’artiste Sergueï Konenkov organisée dans son atelier rue Presnia Ivan Morozov achète la sculpture « À genoux » (bois).

– Eudoxie Morozov est accueillie au sein des actionnaires de la Manufacture de Tver.

– Ivan Morozov devient l’un des fondateurs de la Société par actions « Koksobenzol »  et de la Banque de Moscou des frères Riabouchinski.

1916, décembre – Ivan Morozov achète « Sébastopol », « Crépuscule », « Le havre de Sébastopol »  et une « Nature morte » de Constantin Korovine à la 14ème exposition de « l’Union des artistes russes« .

– 17 800 personnes travaillent dans les fabriques de la Manufacture de Tver. Sa filature traite près de 600 000 pouds (1=16,38 kg) de coton, son rendement est de plus d’un million de pouds de fils prêts à l’emploi. La fabrique de calicot produit plus de 80 millions de mètres de tissus par an.

1917, 3 janvier (selon l’ancien calendrier Julien) – La valeur assurable de la collection d’Ivan Morozov est fixée à 560 000 roubles.

1917, février – Révolution de février, dissolution de la Douma.

1917, avril – Ivan Morozov achète son quatrième tableau de Marc Chagall « Vue de la fenêtre » pour 300 roubles à l’Exposition d’artistes juifs organisée à la Galerie Lemercier.

1917, 4 septembre (selon l’ancien calendrier Julien) – Décès de Varvara Alexeïevna Morozova. Conformément à son testament, les actions lui appartenant (d’une valeur de 3,5 millions de roubles) doivent être vendues, et les fonds obtenus investis dans des titres d’État déposés à la Banque nationale. La Société de la Manufacture de Tver doit « les utiliser pour améliorer les conditions de vie des ouvriers de la fabrique, et leur construire des maisons et des dortoirs ». Ces volontés de Varvara Morozova ne seront pas respectées.

 

 

« Salle Cézanne » en 1920, l’ancien Palais Morozov est devenu « le Second Musée d’Art Occidental Moderne ».

Toutefois rien n’a été changé, de la place des toiles au tapis sur le sol.

1917, 25 octobre (7 novembre) – Révolution d’Octobre. Les bolcheviks s’emparent du pouvoir.

1917, 26 octobre – Le Commissariat du peuple à l’éducation (le Narkompros) est créé par un décret du IIème Congrès panrusse des Soviets.

1917, 3 novembre – Création à Moscou de la Commission de protection du patrimoine artistique et architectural auprès du Narkompros.

1917, fin décembre – Ivan Morozov achète des paysages de Manouil Aladjalov et de Sergueï Vinogradov à lexposition de l’Union des artistes russes inaugurée à Moscou.

1918, mars– La plupart des propriétaires de collections d’œuvres d’art reçoivent des « actes conservatoires » les autorisant à continuer à vivre dans une partie de leur « Palais » avec leur collection , laquelle doit toutefois être accessible à tous les citoyens.

1918, 27 avril – Décret du Conseil des commissaires du peuple (Sovnarkom) « De l’abolition du droit de succession ».

1918, 28 mai – La Section pour les affaires des musées et la protection du patrimoine artistique et architectural est constituée au sein du Narkompros. Aliénation forcée de bâtiments d’une certaine valeur en faveur du pouvoir soviétique.

1918, 25 juin – Ivan Morozov achète, pour 60 000 roubles, son dernier tableau de Constantin Korovine « Feu de bois nocturne près d’une rivière » (localisation actuelle inconnue).

1918, 28 juin – Décret « De la nationalisation des entreprises de grande industrie ». La Société de la Manufacture de Tver dont la valeur immobilière est estimée à 26 millions de roubles est nationalisée. Les clés des coffres forts et les livres comptables sont remis à un représentant des ouvriers. La maison du 9 rue Varvarka appartenant au Conseil d’administration de la Société est réquisitionnée.

1918, 13 juillet – Décret « De la confiscation des biens de l’empereur russe détrôné et des membres de la maison impériale ». Nationalisation de tous les biens, sans exception, de la famille du tsar.

« Salle Van Gogh ». 1920, Second Musée de Peinture Occidentale Moderne.

1918, 15 juillet – Assassinat de la famille du Tsar Nicolas II à Ekaterinbourg.

La Famille Impériale.

1918, 20 juillet – Plusieurs tableaux appartenant à la collection d’Ivan Morozov sont volés au domaine de Polouchkino appartenant aux fils de Vikoula Iélisséïevitch Morozov.

1918, fin aoûtSergueï Ivanovitch Chtchoukine quitte Moscou avec son fils aîné Ivan, pour rejoindre sa femme et sa fille cadette Irina. En Allemagne la famille attend l’autorisation d’entrer en France. La correspondance et le règlement des formalités durent jusqu’au mois de février 1919.

1918, 19 septembre – Décret « De l’interdiction de faire sortir et de vendre à l’étranger des objets ayant une valeur artistique et historique particulière ».

1918, 22 septembre – Décret qualifiant tous ceux qui ne sont pas rentrés de leurs datchas comme étant en fuite, leurs biens devant être confisqués.

1918, 5 octobre – Décret « De l’enregistrement, de l’inventaire et de la protection des monuments d’art et d’architecture se trouvant dans la possession de particuliers, de sociétés et d’établissements ».

1918, 18 novembre – Décret « De nationalisation de la galerie d’art de S.I. Chtchoukine« 

– Décret « De la confiscation d’immeubles de rapport et de la remise d’hôtels particuliers à des établissements publics ». Le rez-de-chaussée de l’hôtel particulier d’Ivan Morozov est attribué au foyer de la Circonscription militaire.

1918, 19 décembre – Décret « De nationalisation des collections d’œuvres d’art de I.A. Morozov, I.S. Ostrooukhov et A.V. Morozov ». Le Département des musées envoie rue Pretchistenka deux grands spécialistes de l’art moderne Jacob Tugendhold et Boris Tchernovets. Tugendhold commence à répertorier la partie russe de la collection, mais il est très rapidement transféré à la galerie de Sergueï Chtchoukine. Tchernovets quant à lui continue la description de la collection Morozov, avec l’assistance de son ancien propriétaire.

1919, février  – Première conférence à Petrograd consacrée aux musées. P. Mouratov proclame que Moscou a une opportunité unique de créer un musée d’art occidental. Création de la Commission pour la création du musée d’art occidental.

1919, 11 avril – La collection Morozov et le Palais qui l’abrite deviennent « Deuxième musée de la nouvelle peinture occidentale ». Boris Tchernovets est nommé conservateur de la galerie, Ivan Morozov devient son assistant.

1919, 14 avril – L’intendant de l’immeuble ordonne à la famille Morozov de s’installer dans les trois pièces du rez-de-chaussée qui leur sont attribuées.

1919, fin avril – début mai – Ivan Morozov part de Moscou pour se rendre à Pétrograd, avec sa femme et sa fille.

1919, 1er mai – Le Deuxième musée de la nouvelle peinture occidentale (l’ancien Palais d’Ivan Morozov et la collection qu’il abrite)  s’ouvre au public.

1919, Juin – Une perquisition est ordonnée au 21 rue Pretchistenka (ancien hôtel particulier d’Ivan  Morozov) ; les scellés sur la réserve blindée et les coffres forts contenant une partie des œuvres sont découverts intacts.

– Les collections de S.I. Chtchoukine et I.A. Morozov sont dorénavant appelées respectivement Premier et Deuxième département du Musée de la nouvelle peinture occidentale. Boris Tchernovets est nommé conservateur, puis responsable du Deuxième département de ce Musée (ancienne collection Morozov).

1919, 28 juin – Fin de la Première guerre mondiale. Signature du Traité de Versailles.

1919, été – La famille Morozov passe illégalement la frontière avec la Finlande.

1920,  mai  – En Suisse, Ivan Morozov accorde un entretien à Félix Fénéon pour le « Bulletin de la Vie Artistique ».

« Bulletin de la Vie Artistique », Paris.

MM.BERNHEIM-JEUNE & Cie, ÉDITEURS

1ère année – n°12

15 mai 1920

L’interview dans son intégralité ici

(archive familiale)

1920, 15 août – Ouverture au public du Premier département du Musée de la nouvelle peinture occidentale (ancienne collection Chtchoukine).

1920, 19 novembre – Décret de « confiscation de tous les biens mobiliers des personnes ayant quitté le territoire de la République ou se cachant jusqu’à présent », c’est-à-dire des émigrés et personnes assimilées.

1920, fin de l’année – Voyage de la famille Morozov à Londres, où près de 30 000 livres appartenant à la « Société de la Manufacture de Tver » sont déposées sur des comptes bancaires.

1921, 8-16 mars – 10 ème congrès du Parti communiste (bolchevik) de Russie. Déclaration de la Nouvelle politique économique (NEP).

1921, 18 avril – Ivan Morozov établit son testament chez son avocat à Paris, au titre duquel tous ses biens mobiliers et immobiliers sont légués à son épouse.

1921, fin mai – La famille Morozov part à la station balnéaire de Carlsbad (Karlovy Vary, actuelle Tchéquie).

Testament d’Ivan Abramovitch Morozov (archive familiale).

1921, 22 juillet – À 11 heures du matin, Ivan Abramovitch Morozov décède suite à un infarctus du myocarde, à l’âge de 49 ans. Il est inhumé au cimetière de Carlsbad (Karlovy Vary). Sa tombe longtemps oubliée n’est redécouverte qu’en 2012. Les journaux de l’émigration russe à Paris Obcheïé Délo (La Cause commune) et Poslednié novosti (Les Dernières nouvelles), ainsi que le Roul (Le Gouvernail) berlinois annoncent la disparition de I.A. Morozov. B.N. Tchernovets publie sa nécrologie dans le numéro de novembre de la revue moscovite « Parmi les collectionneurs », dans la rubrique « Collectionneurs et antiquaires du passé », en mentionnant par erreur le mois de juin comme celui de sa mort.

Certificat de décès d’Ivan Abramovitch Morozov, 22 juillet 1921, Carlsbad.

Comme indiqué sur ce document, un enterrement provisoire eu lieu le 26 juillet en prévision d’un transport.

Il est probable que le rapatriement du cercueil à Paris n’a pas été possible en raison du trajet et de la chaleur de l’été.

La sépulture n’a été retrouvée dans un cimetière de Carlsbad qu’en 2012 après de longues années de recherches par Natalia Semenova.

(archive familale)

1922, 20 janvier – La jeune Eudoxie Morozov, âgée de 18 ans, épouse Serge Konovalov (1899, Moscou / 1982, Oxford), fils d’Alexandre Ivanovitch Konovalov (1875, Moscou / 1949, Paris), grand entrepreneur russe, membre de la Douma d’Etat, qui en 1917 a occupé le poste de ministre du commerce et de l’industrie dans le Gouvernement provisoire de la Russie.

Eudoxie Ivanovna Morozova (24 juillet 1903 / 27 décembre 1974)

Fille d’Ivan Abramovitch Morozov et d’Eudoxie Sergueïevna Morozova.

(photo archive familiale)

Serge Alexandrovitch Konovaloff (31 octobre 1899 / 12 février 1982)

Fils d’Alexandre Ivanovitch Konovaloff et de Nadejda Vtorova.

(photo archive familiale)

1922, 25 janvier – Le mariage religieux est célébré dans la cathédrale orthodoxe Saint Alexandre Nevski de la rue Daru à Paris. Après la noce Eudoxie rompt tout contact avec sa mère.

Certificat de mariage religieux d’Eudoxie Morozova et de Serge Konovaloff.

(archive familiale)

1922, décembre – Eudoxie et Sergueï Konovalov ont un fils prénommé Ivan, en l’honneur de son grand-père (Ivan/Jean Konovalov, 10 décembre 1922, Bonn  / 30 janvier 2002, Paris). Les époux divorcent fin 1937. Sergueï Konovalov part en Angleterre et devient professeur de langue et de littérature russe à l’Université de Birmingham puis, à partir de 1945, à celle d’Oxford.

1923, mars – Le Premier (ancienne collection Chtchoukine) et le Deuxième (ancienne collection Morozov) départements du Musée national de la nouvelle peinture occidentale sont réunis administrativement et deviennent le Musée national du nouvel art occidental , le GMNZI, dont Boris Tchernovets est nommé directeur. La section française du département de Morozov, constituée des collections de Mikhaïl et d’Ivan Morozov, comprend 252 unités (dont 202 œuvres picturales, 39 sculptures et 11 objets en céramique).

1924, 24 octobre – Établissement de relations diplomatiques entre l’URSS et la France.

1925 – La section russe du Département Morozov du GMNZI, qui compte à l’époque 318 œuvres d’artistes russes (dont six sculptures) et offre la possibilité de comparer les principales orientations de l’évolution de l’art moderne français et de la peinture russe, est transmise à la Galerie nationale Trétiakov.

– La direction du GMNZI essaie de conserver certaines œuvres de la collection, dont le portrait d’Ivan Morozov peint par Serov. Le Conseil scientifique prie également de laisser au Musée les œuvres de Marc Chagall, artiste inspiré par des maîtres occidentaux, mais cette sollicitation est rejetée.

– Le GMNZI vend des objets décoratifs de l’ancien hôtel particulier d’Ivan Morozov (des tapis, vases, et le piano à queue Schröder du salon de musique). Les lustres luxueux et le mobilier seront vendus dans les années 1930.

– Différents organismes tentent régulièrement de s’approprier les locaux occupés par le Département Morozov du GMNZI. En se faisant le porte-parole des artistes membres des associations « Le Valet de Carreau », « Mir Iskousstva » et « Les peintres de Moscou », Piotr Kontchalovski adresse une lettre à L.B. Kamenev, président du Conseil municipal de Moscou, en défendant le Département Morozov : « Le transfert du Musée, inévitable en cas d’attribution de l’hôtel particulier à un autre établissement culturel, sonnera son glas ».

Portrait d’Ivan Abramovitch Morozov par Valentin Serov.

Portrait d’Ivan Abramovitch Morozov par Constantin Korovine.

1926 – Une maternité veut s’installer dans les locaux de l’hôtel particulier de Morozov ; grâce à l’intervention du Commissaire du peuple aux affaires étrangères Gueorgui Tchitcherine la collection reste en place.

1928, 28 janvier – Arrêté du Conseil des commissaires du peuple (Sovnarkom) de « l’augmentation du volume des exportations d’objets d’art et anciens, y compris des pièces de musées ».

1928, 24 février – Le GMNZI est sommé de procéder immédiatement à l’inventaire et à la sélection d’objets pouvant être destinés à l’exportation.

1928, mars – Décision sur l’emménagement du Musée de la porcelaine dans l’hôtel particulier de S.I. Chtchoukine.

1928, 24 octobre – Arrêté sur la fusion dans les mêmes locaux des deux Départements du GMNZI.

1928, novembre/décembre – Début du transfert des collections du Premier Musée national du nouvel art occidental dans l’ancien hôtel particulier d’Ivan Morozov  au 21 rue Kropotkine. Le Musée national unifié du nouvel art occidental est créé sur la base des deux collections.

1929, décembre  – Achèvement du travail sur la nouvelle exposition du GMNZI « selon les principes historique et artistique « .

– Publication du premier (et dernier) catalogue du GMNZI ; les noms des anciens propriétaires des collections sont remplacés par les initiales « M » (Morozov) et « Chtch » (Chtchoukine).

– L’Académie militaire de l’Armée rouge des ouvriers et paysans veut s’installer dans l’hôtel particulier rue Kropotkine. Le commissaire du peuple pour l’éducation de la RSFSR A.S. Boubnov intervient en faveur du GMNZI, en exigeant de « cesser les atteintes aux quotas fixés actuellement pour le réseau des musées ».

1930 / 1931 – Échange de tableaux entre le GMNZI et le Musée de l’Ermitage. Ce dernier obtient la peinture des 19 ème – début du 20 ème siècles, et le Musée des arts plastiques – la peinture des maîtres anciens provenant de l’Ermitage.

– Durant l’année 1931 le GMNZI remet à deux reprises des tableaux de sa collection au Musée de l’Ermitage de Léningrad (43 œuvres dans le premier lot et 36 dans le deuxième). Résultat de ces opérations : le « Triptyque marocain » de Matisse se retrouve partagé entre Moscou et Léningrad.

– Début de la confiscation de tableaux de la collection du GMNZI à des fins d’exportation. Dans la première liste figurent des œuvres de Bonnard, Vuillard et Henri Matisse de l’ancienne collection d’Ivan Morozov.

1932, avril – Arrêté du Comité central du Parti communiste (bolchevik) « De la réorganisation des établissements artistiques et littéraires ». Liquidation de toutes les sociétés et associations. Expropriation active d’œuvres de la collection du GMNZIl à des fins d’exportation ; les collaborateurs sont contraints de décrocher plusieurs tableaux exposés dans les salles du Musée.

– Deux numéros de la revue Creative Art publient une analyse détaillée de la collection du GMNZI, accompagnée de nombreuses reproductions.

– Le Musée des arts plastiques devient le Musée des beaux-arts (en 1937 il prend le nom d’Alexandre Pouchkine).

1933, mai – Le commissaire du peuple à l’éducation A.S. Boubnov demande au président du Conseil des commissaires du peuple Viatcheslav Molotov de revenir sur la décision de la remise par le Musée de la nouvelle peinture occidentale à la société « Antikvariat » des tableaux « Le Café de nuit » de Van Gogh et « Le Portrait de Madame Cézanne » de Paul Cézanne car leur valeur est considérablement sous-estimée, mais la décision de vendre ces toiles reste en vigueur.

– Le collectionneur américain Steven Clark acquiert, par l’intermédiaire de la galerie new-yorkaise Knoedler, quatre tableaux pour la somme de 260 000 dollars. L’ancien Département Morozov doit ainsi se séparer du « Portrait de Madame Cézanne » de Cézanne et du « Café de nuit » de Van Gogh, ainsi que de la « Chanteuse en vert » de Degas ayant appartenu au prince Sergueï Chtcherbatov, et d’ »Une serveuse au restaurant Duval » de Renoir, ex-propriété de Mikhaïl Riabouchinski.

1933, 20 septembre – Établissement de la liste de la troisième remise des tableaux destinés à l’exportation, incluant les œuvres de la collection d’Ivan Morozov se trouvant dans les réserves (Guérin, Bonnard, Denis, Valtat, Friesz, Marquet, Derain, et une des premières natures mortes de Matisse). Les tableaux destinés à la vente à l’étranger sont expédiés dans des dépôts d’exportation de la Société panrusse « Antikvariat ».

1933, 16 novembre – Établissement de relations diplomatiques entre la Russie et les États-Unis.

1934 – Les ventes d’œuvres d’art à l’étranger sont arrêtées, pourtant les œuvres non vendues de la collection du GMNZI ne lui sont pas restituées ; 39 œuvres d’artistes français faisant partie des tableaux retirés dans les années 1931-1933 à des fins d’exportation se retrouvent au Musée de l’Ermitage. Pendant deux ans Boris Tchernovets sollicite la restitution des neuf œuvres les plus importantes. Finalement le GMNZI ne récupère que « La Plaine au pied de la montagne Sainte-Victoire » de Cézanne de l’ancienne collection d’Ivan Morozov.

1936, 10 janvierSergueï Ivanovitch Chtchoukine meurt à Paris à l’âge de 81 ans.

1936, juin – La Galerie Trétiakov décroche et dépose dans ses réserves des œuvres d’artistes avant-gardistes russes ; en automne s’y ajoutent des œuvres des artistes de la « Rose Bleue » et du « Mir Iskousstva« .

1938, 1er janvier – Boris Tchernovets est destitué du poste de directeur du GMNZI. Il apprend son licenciement du musée, qu’il a dirigé pendant 15 ans, par la presse.

– La plupart des œuvres « formalistes » sont décrochées des cimaises du GMNZI.

1939, 1er septembre – L’Allemagne nazie attaque la Pologne. Début de la Seconde guerre mondiale.

– Le rez-de-chaussée de l’hôtel particulier de Morozov est vidé de ses locataires, et est remis au GMNZI pour agrandir ses surfaces d’exposition.

– Pavel Korine commence la restauration du panneau Histoire de Psyché de Maurice Denis qui pendant de nombreuses années fut dissimulé par un tissu mural sur lequel étaient accrochés les panneaux « La Danse » et « La Musique » de Matisse.

1941, 22 juin – Début de la Grande guerre patriotique. GMNZI, le bâtiment est endommagé par des bombardements.

Le « Salon de Musique du Palais d’Ivan Morozov dont les murs étaient décorés par « l »Histoire de Psyché » de Maurice Denis. 1940.

1941, juillet / août – Évacuation des collections à Novossibirsk. Les caisses contenant les œuvres sont conservées dans le bâtiment du Théâtre de l’opéra de la ville.

1944, novembre – Les œuvres appartenant au Musée national du nouvel art occidental reviennent à Moscou. Le bâtiment du Musée étant en travaux de rénovation, il n’est pas possible de les accrocher dans les salles, et les caisses sont envoyées au Musée des cultures orientales où elles restent non déballées pendant plus de trois ans.

1945, 8 mai – Fin de la Seconde guerre mondiale. L’Allemagne capitule le 9 mai. Le Japon le fera le 2 septembre le Japon. L’URSS compte parmi les vainqueurs.

1947, 5 août – L’Académie panrusse des arts est transformée en Académie des beaux-arts de l’URSS.

– Son premier président, l’artiste Alexandre Guérassimov propose d’installer le siège de l’Académie dans le bâtiment du GMNZI (ancien hôtel particulier d’Ivan Morozov).

1948, fin janvier – Les collaborateurs du GMNZI reçoivent l’ordre de « présenter l’exposition du musée » dans un délai de 24 heures, à l’attention de la commission gouvernementale avec à sa tête Kliment Vorochilov, vice-président du Conseil des ministres de l’URSS.

1948, 6 mars – Arrêté du Conseil des ministres de l’URSS de « la liquidation du Musée national du nouvel art occidental ». Création d’une commission de liquidation. Le transfert des « œuvres les plus précieuses » au Musée des beaux-arts doit être effectué en 15 jours ; le transfert à l’Académie des beaux-arts de l’hôtel particulier, avec tous les biens mobiliers et équipements, en 10 jours.

– Grâce à l’intervention du directeur du Musée de l’Ermitage I.A. Orbeli, les collections sont réparties entre le Musée des beaux-arts Pouchkine et le Musée de l’Ermitage. Les deux établissements stockent les œuvres ainsi obtenues dans leurs réserves.

– Suite à ce partage plusieurs « paires » de la collection Morozov sont séparées, dont par exemple « Les Fêtes champêtres » de Roussel,  « Le Triomphe de Cérès » reste à Moscou, tandis que « Le Triomphe de Bacchus » est envoyé au Musée de l’Ermitage.

1949, 5 janvier – Une session de l’Académie des sciences réunie à Léningrad appelle à la lutte contre « la servilité face à l’Occident » et exige l’affermissement de la primauté des travaux des chercheurs russes dans la science.

1949, 6 marsLa Pravda publie l’article de Vladimir Kemenov « Les élucubrations formalistes dans la peinture ». « Le formalisme est inacceptable pour nous d’un point de vue idéologique et politique, plus encore, il est incontestablement contraire à l’esprit même de l’art. Les images créées par les formalistes sont anti-artistiques, car elles déforment de manière scandaleusement irresponsable la nature, et notre réalité socialiste « .

1949, 21 décembre – Une exposition des cadeaux offerts au camarade Staline est inaugurée dans les locaux du Musée des beaux-arts Pouchkine. À cette occasion toutes les pièces de la collection du Musée sont retirées de ses salles.

1953, décembre – Des œuvres impressionnistes (Renoir, Monet, Degas) sont montrées pour la première fois au Musée des beaux-arts Pouchkine.

1955 – L’exposition « L’art français des 15 ème – 20 ème  siècles dans les musées de l’URSS » est inaugurée au Musée des beaux-arts Pouchkine.

– Le « dégel » fait revenir dans les salles du musée les tableaux stockés dans les réserves, mais les noms des collectionneurs grâce auxquels ces chefs d’œuvre d’artistes français se trouvent en Russie ne sont toujours pas mentionnés.

1956, été  – Les expositions « La peinture française du 19 ème siècle » (Moscou) et « L’art français des 12 ème – 20 ème siècles » (Léningrad) permettent au public russe de découvrir de nombreux tableaux d’impressionnistes et post-impressionnistes français.

1962 – Le Musée des beaux-arts Pouchkine ouvre son exposition permanente enrichie grâce aux réserves. Une partie de la collection de l’art moderne occidental (jusqu’à Matisse) est présentée dans deux salles du rez-de-chaussée.

– Le Musée de l’Ermitage élargit également son exposition de l’art français du– 19 ème début du 20 ème siècles.

1968 – « La porte de la Casbah » de Matisse (la partie droite du « Triptyque marocain » séparé  en 1931 lors du partage d’œuvres entre le Musée du nouvel art occidental et le Musée de l’Ermitage) revient de Léningrad à Moscou.

1974 – Élargissement impressionnant de l’exposition de l’art du–19 ème début dus20 ème siècle au premier étage du Musée des beaux-arts Pouchkine. Elle y restera jusqu’en 2006.

1981 – La fameuse exposition « Moscou-Paris » (Moscou) présente pour la première fois l’avant-garde russe et française. Deux panneaux de Maurice Denis du cycle « Histoire de Psyché«  et le « Portrait de Vollard » de Picasso sont montrés au public. Le nom d’Ivan Morozov en tant qu’ancien propriétaire de ces œuvres figure pour la première fois dans le catalogue de l’exposition.

1993, septembre – L’exposition « Les collectionneurs russes Morozov et Chtchoukine : de Monet à Picasso » s’ouvre à Essen. La collection d’Ivan Morozov y est représentée par 39 œuvres, celle de Mikhaïl – par 2 tableaux.

– Cette exposition consacrée aux collectionneurs de l’art moderne est ensuite montrée au Musée des beaux-arts Pouchkine, puis au Musée de l’Ermitage.

– Cette manifestation culturelle consacrée au collectionnement en tant qu’activité artistique est une première dans son genre.

2006 – Inauguration au Musée des beaux-arts Pouchkine de la Galerie de l’art des pays d’Europe et d’Amérique des 19 ème –  20 èmè siècles. Pour la première fois après la liquidation du Musée du nouvel art occidental la collection est présentée dans un bâtiment qui lui est dédié.

2014 – Inauguration de la Galerie commémorative de Sergueï Chtchoukine et des frères Morozov au Palais de l’État-Major (Place du Palais de Saint-Pétersbourg) du Musée de l’Ermitage. Des cartels mentionnant l’appartenance des œuvres aux collectionneurs moscovites apparaissent dans les salles de la Galerie de l’art des pays d’Europe et d’Amérique des 19 ème – 20 ème siècles du Musée des beaux-arts Pouchkine.