Les chefs-d’œuvres vendus

Le 8 novembre 1918, la collection Chtchoukine est nationalisée par un décret de Lénine. Les œuvres restent dans le Palais Troubetskoï qui devient « Premier Musée de la Peinture Occidentale Moderne ».

Le 19 décembre 1918, la collection Morozov est nationalisée par un décret de Lénine. Les œuvres restent au Palais Morozov qui devient « Deuxième Musée de la Peinture Occidentale Moderne ».

En 1923, les « Musées de la Peinture Occidentale Moderne » englobant les autres collections d’art moderne occidental, mais conservant ses sections Chtchoukine et Morozov, devient le « Musée d’État d’Art Occidental Moderne » (GNMZI) sous la direction de Boris Tchernovets. Riche d’environ 800 œuvres, le GMNZI devient le premier musée d’art moderne du monde.

En 1928, toutes les œuvres sont rassemblées dans l’ancien Palais Morozov, 21 rue Pretchistenka suite à la reprise par les autorités soviétiques du Palais Troubetskoï, ancienne demeure de Sergueï Chtchoukine.

L’année 1928 marque un tournant non seulement pour l’économie soviétique, mais également pour la plupart des musées du pays. C’est le début d’une politique d’échanges entre le Musée de l’Ermitage de Leningrad et le Musée des Beaux-Arts Pouchkine (GMNZI) de Moscou afin que ce dernier puisse accueillir des œuvres de maîtres anciens dont il était dépourvu. Près de 70 œuvres du GMNZI sont transférées à l’Ermitage.

Le GMNZI doit également faire face à la politique soviétique des années 30 de vente de richesses patrimoniales et muséales dans le but de se procurer les devises nécessaires à la modernisation de l’État Soviétique.

Une agence,  l’Antikvariat, ouvre ses bureaux à Leningrad durant l’été 1928, chargée de gérer et d’exporter les biens issus de la confiscation et de la nationalisation des ressources artistiques et objets d’antiquité du pays, c’est-à-dire des objets de valeur du Trésor public, de l’Église et de la famille du tsar, des musées, des propriétés de la noblesse, des collections privées ou simplement des économies personnelles des simples citoyens.

L’Antikvariat jette son dévolu sur une trentaine de tableaux dont 2 de la collection d’Ivan Morozov: « le Café de nuit » de Vincent Van Gogh et « Madame Cézanne dans le serre » de Paul Cézanne.

« Café de Nuit » de Vincent Van Gogh. Huile sur toile 72.4 x 92.1. 1888.

Acheté par Ivan Morozov à l’exposition « Zolotoie Rouno (la Toison d’Or) » pour la somme de 3 000 roubles.

C’est l’un des intérieurs les plus intéressants de Van Gogh. Alors que l’artiste peignait le café de la gare d’Arles, il a lu un article sur les « Notes de Dostoïevsky de la maison des morts » qui l’a profondemment perturbé. Il dira du « Café de Nuit » : « Au travers de ma peinture j’ai essayé de montrer qu’un café est un endroit où vous pouvez devenir fou et commettre un crime. En bref … reproduire l’atmosphère des flammes de l’enfer…pour transmettre la puissance démoniaque du piège de la taverne ».

Facture de « Zolotoie Rouno (la Toison d’Or) » pour l’achat du « Café de Nuit » .

Cher Monsieur,

Vous expédiant par la présente le tableau de Van Gogh « le café de nuit » que vous avez acquis à l’exposition « salon de la toison d’or », la rédaction vous demande de confier à notre envoyé, l’argent, pour une somme de 7500 francs = 3000 roubles (en comptant 40 kopecks pour 1 franc – frais d’expédition, télégrammes et frais de douane).

Le mandataire de Nicolas Riabouchinski pour le tableau vendu a reçu 3000 roubles

André Kroutatnikov

23 juin 1908

« Madame Cézanne dans le Parc (Madame Cézanne dans la serre) ». Huile sur Toile 72 x 92. 1891.

Paul Cézanne était l’un de peintre préféré d’Ivan Morozov. Les 18 tableaux de l’artiste étaient considérés comme le joyau de la collection Morozov. Bien qu’il soit resté inachevé, ce portrait de l’épouse de l’artiste est l’une de ses plus belles œuvres.

Vends à Monsieur Morosoff Ivan

pour la somme de 50 000 francs deux tableaux de Cézanne:

Portrait de Madame Cézanne dans le parc

et paysage « le Pont »

Reçu « à compte » la somme de 10 000 francs

Paris le 29 avril 1911.

Historique de la vente du « Café de nuit » et de « Madame Cézanne dans la serre »

1. Sur l’expropriation :

Par un décret du 19 décembre 1918 signé par Lénine pour le « Conseil des Commissaires du Peuple« , l’ensemble de la collection d’art d’Ivan Morozov a été nationalisé.

Le Conseil justifie cette expropriation par « la nécessité d’utiliser les collections en fonction des besoins réels de démocratisation des institutions artistiques et éducatives de la République socialiste soviétique fédérative de Russie » (1).

En dépit de son objectif initial de démocratiser l’art, c’est-à-dire de fournir un accès public aux grandes œuvres d’art, les véritables motifs des expropriations artistiques sont des gains économiques comme en témoignent les documents russes.

En effet, dès février 1919, 2 mois seulement après la prise du décret de nationalisation de la collection Morozov, une commission d’experts a été mise en place pour sélectionner et évaluer les objets confisqués à vendre à l’étranger. La commission, dirigée par Maxim Gorky, a été subordonnée au Ministère du Commerce Extérieur (2).

Témoignant de l’urgence de trouver des acheteurs étrangers, Lénine écrit ce qui suit le 5 mars 1920 :

 » Des mesures particulièrement urgentes doivent être prises pour accélérer le tri des objets de valeur. Si nous trainons trop, ils ne nous en donneront plus rien en Europe et aux États-Unis » (3)

Début 1920, Lénine transforme la Commission en « Dépôt d’État pour les objets précieux » (connu sous le nom de Gokhran), afin de collecter les œuvres d’art précieuses des collections nationalisées dans le but de les vendre à l’étranger contre des devises.

Comme Lénine le reconnait clairement dans une lettre à A.O. Alsky (fonctionnaire du Gokhran), datée du 29 mai 1920 :

 » Nous devons trouver rapidement un maximum d’objets de valeurs pour les échanges avec les pays étrangers » (4).

Le 18 novembre 1921, Lénine écrit à la police secrète (La Tcheka) que « Dans le but de rassembler dans un endroit unique tous les objets de valeur actuellement disséminés dans diverses institutions, je propose que Gokhran reçoive tous les objets de valeur étant entre les mains de la Tcheka (5).

En mars 1922, craignant d’être exposées dans la presse occidentale, Trotsky demande que ces saisies soient déguisées en « opérations de secours à la famine » afin de ne pas susciter de suspicion (7).

Les ventes d’œuvres d’art s’accélèrent au début des années 30. Au printemps 1930, 73 chefs-d’œuvre européens (dont des peintures de Titien, Rembrandt et Raphaël) auraient été transférés de l’Ermitage à Moscou pour « nettoyage et restauration » (8) , alors qu’ils étaient en fait en route vers des acheteurs occidentaux, dont Andrew Mellon (9).

Comme l’indique Robert C.Williams dans son ouvrage « Russian Art and American Money, 1900-1940″ les transactions effectuées entre la Galerie Matthiesen à Berlin et Knoedler & Compagny à New-York impliquaient généralement un paiement en francs suisses sur le compte de la Galerie Matthiesen à Zurich. Les peintures étaient expédiées à la Galerie de Berlin, inspectées par un responsable du Metropolitan Museum, puis expédiées à New-York. Knoedler & Compagny conservaient une commission de 12% sur tous les achats.

2. Conditions de la vente à Stephen Clark:

En avril 2008, ArtNews publie un article de Konstantin Akinsha (article en anglais) ,éminent expert d’art russe dont voici un extrait :

« Dans les années 1930, Stephen Clark avait acheté, via la Knoedler Gallery,  4 œuvres de la collection du Nouveau Musée d’Art Moderne (dont « le Café de Nuit » de Van Gogh » maintenant au Musée de l’Université de Yale). Malgré l’assurance de soviétique sur la légalité de ces ventes, il avait eu de problèmes avec les héritiers de Mikhaïl Riabouchinsky, l’ancien propriétaire de l’une des peintures. Clark n’était pas sûr que la vente d’œuvres nationalisées après la révolution satisfasse à toutes les exigences légales. William A.M Burden, chef du conseil d’administration, avait également conseillé la prudence » (10).

La position des Musées russes :

En 1993, Albert Kostenevitch, conservateur du Musée de l’Ermitage, déclarait dans l’avant-propos du catalogue de l’Exposition d’ Essen qu’en septembre 1918 Lénine avait signé un décret interdisant l’exportation ou la vente d’objets d’importance artistique ou historique à l’étranger:  « Le Commissariat au commerce extérieur ne peut délivrer une licence d’exportation pour les œuvres culturelles du passé et les œuvres d’art, que si elles ont été certifiées par et avec l’autorisation du Commissariat à l’éducation du Peuple« . Le commissaire a expliqué qu’en raison des conditions économiques de l’époque, les prix étaient bas et « il a donc été décidé de vendre des chefs-d’œuvres, non pas aux enchères, mais par des accords secrets avec des musées et des collectionneurs privés« . Il a en outre expliqué que la plupart des chefs-d’œuvre étaient partis aux États-Unis parce que « les États-Unis n’entretenaient pas de relations diplomatiques avec l’Union Soviétique et qu’il n’y avait donc pas de crainte de poursuites« .

Le commissaire expliqua ensuite que «  début 1933 la situation a changé. Il est devenu évident que le Président Roosevelt était enclin à reconnaître l’Union Soviétique, ce qui pourrait donner lieu à un certain nombre de procès« . Il a donc été décidé d’accélérer le processus de vente.

Selon Kostenevitch, la vente s’est déroulée de manière très secrète, ajoutant que Clark savait que sa réputation souffrirait grandement si on soupçonnait qu’il avait agit ainsi (11).

En 2002, Marina Senenko, ancienne conservatrice du Musée Pouchkine, écrit ce qui suit dans une étude sur le traitement russe des collections privées :  » En mars 1918, dans une résolution du Comité, il a été fait référence à plusieurs collections importantes, dont celles d’Ivan Morozov, Sergueï et Dmitry Chtchoukine, comme ayant été données à la République de Russie mais comme étant toujours en possession de leurs anciens propriétaires« . Elle confirme que le 19 septembre 1918, « un décret interdit l’exportation et ordonne l’enregistrement et la préservation des œuvres d’art et des antiquités en général » (12).

La position des intermédiaires:

Début 1933, Nicolas Ilyn, directeur d’Antikvariat en Russie, propose un groupe de 9 tableaux de Van Gogh, Renoir, Gauguin et Cézanne , dont « le Café de Nuit » de Van Gogh, pour un total de 250 000 $. A son tour, Charles Henschel, président de Knoedler & Compagny, envoie une liste de certaines œuvres « pour lesquelles je pourrais avoir des clients » (13).

le 21 avril 1933, Charles Henschel envoie un câble à la Matthiesen Galerie, intermédiaire allemand de la vente, dans les termes suivants :

« Avons un client définitivement intéressé par Madame Cézanne, Van Gogh Café, Renoir Chambermaid, Degas Green Singer. Pouvez-vous donner un prix attractif pour les 4 en dollars, incapables d’acheter des marks en quantité ici » (14).

Il a été rapporté que Henschel « s’est inquiété des complications juridiques de l’achat et de la vente d’œuvres d’art confisquées à des mains privées, parce que les émigrés russes pourraient plus tard poursuivre en justice pour récupérer leurs biens volés ». Ilyn a répondu à Henschel que « ce ne serait pas un problème, puisque le gouvernement Soviétique n’était toujours pas reconnu et n’avait donc pas voix au chapître devant les tribunaux américains« .

Heinz Mansfeld, directeur de la Galerie Matthiesen à Berlin, a également écrit à Henschel qu’ils « pouvaient continuer à utiliser Berlin comme un point de transit sûr en raison du Traité Rapallo de 1922, par lequel l’Allemagne a reconnu l’Union Soviétique et par là même sa nationalisation de la propriété privée« . « Berlin est un endroit légalement sûr pour faire des affaires » a exhorté Mansfeld, et par conséquent Knoedler devait continuer à utiliser la Galerie Matthiesen pour ses achats afin d’assurer la sécurité juridique de la compagnie (15).

En 1935, au cours d’une procédure devant la Commission d’appel fiscal des États-Unis dans l’affaire A.W.Mellon contre le Commissaire du revenu intérieur, Charles Henschel a témoigné au sujet des ventes russes et a fait les déclarations suivantes :

« A l’automne 1928, 2 de mes amis qui étaient en Europe, dans le domaine de l’art, m’ont dit qu’il était possible de sortir quelques-uns des beaux tableaux de l’Ermitage à Leningrad, mais que pour ces négociations il faudrait garder le secret absolu, parce que les responsables soviétiques ne souhaitaient pas que le grand public sache qu’ils pouvaient ainsi disposer de leurs magnifiques tableaux »

« La livraison a été faite à Berlin pour la raison qu’à l’époque les États-Unis n’avaient pas reconnu le gouvernement soviétique, et nous avons pensé qu’il était préférable que le livraison soit prise par quelqu’un dans un pays qui avait reconnu l’Union Soviétique, de sorte qu’il ne pourrait y avoir aucun problème avec la transaction » (16)

3. Enquête russe sur la légalité des ventes d’objets culturels par les musées russes

En décembre 2008, le directeur du Musée de l’Ermitage, Mikhaïl Piotrovski, a annoncé que « le Président Medvedev a chargé une commission de soulever et d’étudier la question de savoir dans quelle mesure la vente par le gouvernement soviétique d’œuvres d’art des collections de musées était légale selon les lois en vigueur à cette époque » (17).

Depuis 2007, le premier vice-ministre de l’époque, Dmitri Medvedev, était à la tête de la « Commission d’État pour la coordination de l’organisation et la conduite d’une inspection complète pour la préservation de la propriété culturelle des musées de la Fédération de Russie« . L’inspection a couvert les collections des musées pour tout le 20ème siècle.

En 2007, un membre de la commission, le sous-ministre de la Culture, a commenté les 6 premiers mois de l’enquête en déclarant :  » Nous avons l’intention de mener cette enquête jusqu’au bout – dans l’intérêt de la vérité historique, et tenter de comprendre comment les lois ont été contournées et s’ il existe un moyen de récupérer certaines œuvres culturelles » (18).

Le 9 décembre 2008, l’Union des Musées Russes a rapporté que le Président Medvedev avait publié un décret créant une commission d’enquête sur la légalité des transferts d’œuvres d’art appartenant aux musées pendant l’ère soviétique (19).

Le 12 janvier 2009, le Président Medvedev a soulevé la question de la légalité des ventes en termes prouvant qu’elles manquaient clairement de bases légales :  » Vous et moi comprenons quelque chose qui s’est produit dans les années 1920-1930- quelque chose qui, malheureusement, s’est essentiellement produit sur la base de décisions directes des autorités. Maintenant, quelles que soient les décisions que nous prenons, nous ne pouvons parler que de récupérer ces objets, soit en les rachetant aux collections privées, soit en le ramenant dans leur mère patrie par d’autres moyens…….. Il s’agissait de décisions prises par le gouvernement; il est certain qu’il s’agit de décisions qui doivent être condamnées comme inappropriées, et en fait parfois criminelles. Néanmoins, nous ne pouvons rien y faire désormais, sauf racheter les objets » (20).

La Galerie Matthiesen

La vente à Stephen Clark a eu lieu via la Galerie Matthiesen en avril 1933 pendant le régime nazi en Allemagne. Hitler avait été nommé Chancelier de l’Allemagne le 30 janvier 1933 et avait pris tout le pouvoir exécutif et législatif le 23 mars.

La Galerie Matthiesen était impliquée dans le pillage artistique nazi. Elle est mentionnée, avec 2 de ses directeurs (Heinz Mansfeld et Margarethe Noelle) dans le rapport final de 1946 du Bureau des Services Stratégiques de l’Unité d’Enquête sur le Pillage Artistique (OSS ALIU – Office of Strategic Services Art Looting Investigation Unit) dans un « index biographique des individus et des organisations impliquées dans le pillage artistique » (appendice 1, rapport final de l’OSS ALIU, 1er mai 1946, p.1-16-55)

La Galerie Matthiesen a agit comme marchand d’art pour Hermann Goering. En 1940 la Galerie acquiert 2 peintures pillées de la collection Goudstikker des Pays-Bas et les vend directement à Hermann Goering en 1942 (appendice 2, OSS ALIU, Consolidated Interrogation Report N°2, « The Goering Collection », 15 septembre 1945, p1-72-73)

La Galerie Matthiesen a fourni des œuvres pour les ventes aux enchères nazies, y compris la tristement célèbre vente « Art Dégénéré » du 30 juin 1939 (appendice 3, catalogue des ventes aux enchères, 30 juin 1939, p.1-66)

Knoedler & Company

La vente à Stephen Clark a été organisée par Charles Henschel, Président de Knoedler & Company, qui, le 21 avril 1933, a envoyé un télégramme à la Galerie Matthiesen disant : « Avons client définitivement intéressé Cézanne Madame, Van Gogh Café, Renoir Serveuse, Degas Green Singer . Pouvez vous donner prix attractif pour les 4 en dollars car pas suffisamment de marks disponibles ici« .

Knoedler & Company était pleinement conscient de la nature illégale de la transaction. Comme l’a admis Charles Henschel, président de Knoedler & Company et intermédiaire direct de la vente pour Clark lors d’un procès concernant les achats de Mellon « A l’automne 1928, 2 de mes amis qui étaient en Europe, dans le domaine de l’art, m’ont dit qu’il était possible de sortir quelques-uns des beaux tableaux de l’Ermitage à Leningrad, mais que pour ces négociations il faudrait garder le secret absolu, parce que les responsables soviétiques ne souhaitaient pas que le grand public sache qu’ils pouvaient ainsi disposer de leurs magnifiques tableaux » (appendice 4, Dreamworld and Catastrophe », Susan Buck-Moess, MIT Press, 2002, note de bas de page n°91).

Knoedler & Company a participé au pillage artistique nazi. La compagnie est mentionnée dans le rapport final de 1946 de l’Office of Strategic Services Art Looting Investigations Unit (OSS ALIU) qui indique que des documents mentionnent que Knoedler & Company était impliqué dans les ventes pour les acheteurs allemands (appendice 5, Rapport final de l’OSS ALIU, 1er mai 1946, p.1-16-108).

Knoedler & Company a été poursuivi à plusieurs reprises pour avoir vendu de l’art pillé nazi aux  États-Unis.

– en 1999, Knoedler a été poursuivi par le Seattle Art Museum pour fraude, violation de la garantie de titre et négligence de représentation pour avoir vendu à Prentice et Virginia Bloedel en 1954 un tableau de Matisse qui s’est avéré avoir été pillé par les nazis. Le musée avait reçu le tableau par un legs des Bloedel. L’affaire s’est terminée fin  2000 par une indemnisation financière de la Knoedler au Seattle Museum. https://www.theartnewspaper.com/archive/us-dealers-and-seattle-museum-settle-over-matisse-lawsuit

– en 2003, Knoedler a été poursuivi par le Musée de Springfield dans le Massachusetts pour avoir vendu une peinture de Jacopo Bassano au musée en 1955 qui s’est avérée avoir été volée à l’ambassade d’Italie à Varsovie pendant la seconde guerre mondiale.  https://www.theartnewspaper.com/archive/the-springfield-museum-sues-knoedler .

– en 2007, dans l’affaire Julius H. Schoeps contre Andrew Lloyd Webber Art Foundation concernant la récupération d’une peinture de Picasso vendue en Allemagne lors d’une vente forcée, il a été allégué que Knoedler avait par la suite acheté la peinture .  https://www.lootedart.com/news.php?r=O1LCLH115931

http://www.slate.fr/story/78598/art-faux-knoedler-new-york

(1) Décret de Lénine 19 décembre 1918  (2) « The looting of Russian by the Bolcheviks », Sean McMeekin, Yale University, 2008  (3) http://marxists.org/archive/lenin/works/1920/mar/05b.htm  (4) http://marxists.anu.edu.au/archive/lenin/works/1921/may/29htm  (5) Lenin, Polnoie Sobranie Sochinenii, 5ème édition, Moscou, 1965, vol.54, pp22-23, 49, 131-132, 342  (7)J.M.Meijer, The Trotsky Papers 1917-1922, II, The Hague Mouton, pp671-672  (8) Ya.Boyarsky in Iskousstvo, nos.7-8, sept-oct.1929, p.6;Zhizn’Mouzeia; Biulleten Gosoudarstvenoï Mouzeia Iziashchnykh Iskousstv, août.1930, pp.20-21, 72-76  (9) « Russain Art and American Money, 1900-1940 », Robert C.Williams, Harvard University Press, 1980, pp.8-9  (10) http://www.artnews.com/issues/article.asp?artid=2474  (11) Catalogue de l’expositon de Essen, 1993  (12) « Moscow private collections formed in the late 19th century and their fate in 1918-1924 », Marina Senenko, 2002, http://www.codart.nl/?pageid=83  (13) Russain Art and American Money, 1900-1940″, Robert C.Williams, Harvard University Press, 1980  (14) Texte du télégramme dans « Russain Art and American Money, 1900-1940″, Robert C.Williams, Harvard University Press, 1980″ (15) Russain Art and American Money, 1900-1940 », Robert C.Williams, Harvard University Press, 1980, p.34  (16) Official Report of Proceedings before the U.S Board of Tax Appeals, « A.W.Mellon, Petitioner v. Commissioner of the Internal Revenue, Respondent », docket n°.76499, quoted in « Russian Art and American Money, 1900-1940 », Robert Williams, Harvard University Press, 1980, pp187-188  (17) http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601088&sid=acTludU45tQ&refer=muse  (18) http://www.regnum.ru/news/860182.html  (19) http://souzmuseum.ru/news/2008/KrisiszadelErmitazh.htm  (20) Conférence de presse du Président Russe Dmitry Medvedev, 12 janvier 2009